Décorticage semi-artisanal de la noix de cajou : une opportunité de réinsertion pour les populations féminines (Côte d’Ivoire)



Depuis 2002, la Côte d'Ivoire traverse une grave crise sociopolitique, caractérisée par un conflit armé entre forces rebelles et gouvernementales. Les régions du Nord, occupées par la rébellion, subissent une quasi-absence des services publics, la désorganisation de l’économie, un faible engagement de l’état dans le développement économique et social des régions du Nord.

La pauvreté est synonyme de difficultés pour l’accès aux facteurs de production (terre, crédit et équipement) et à la faible couverture des services de base. Elle est concentrée dans les villages des régions de la savane rurale, zone caractérisée par un climat sahélien et confrontée à la dégradation de l’environnement.

L’anacardier est un arbre adapté aux conditions sahéliennes et la Côte d’Ivoire est un des premiers producteurs mondiaux de noix de cajou. Cette activité reste cependant faiblement valorisée puisque la quasi-totalité de la production est exportée sous forme de noix brute vers l’Asie du Sud où elle est transformée puis réexportée vers les pays consommateurs.

CHIGATA Femme Solidarité et Développement Durable (FSDD) a été fondée le 20 juillet 2003. Comme son nom l’indique en langue locale, Chigata (espoir en français) a pour vocation première de donner un nouvel espoir aux populations féminines vulnérables et très souvent en marge des évolutions économiques et sociales en tentant d’améliorer de façon durable leurs conditions de vie. Les actions menées émanent d’initiatives de partenaires locaux.

Les objectifs du projet sont de lutter contre la pauvreté, de promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes, de préserver des ressources naturelles et de créer de la valeur ajoutée par la transformation locale. Plus spécifiquement le projet favorise le décorticage semi-artisanal des noix de cajou et leur commercialisation par les groupements féminins sur les marchés locaux et internationaux.
 

Pour atteindre ces résultats, Chigata suit les activités de décorticage et contribue à l’équipement des unités de production. Elle renforce les capacités de gestion des groupements en offrant des formations au décorticage artisanal (technique, hygiène, qualité, gestion économique et financière), à la conception, fabrication et entretien du matériel de décorticage et à l’organisation économique de la filière (marchés locaux et promotion des exportations par le commerce équitable et l’agriculture biologique).

France Libertés a commencé à soutenir les activités de Chigata en 2007, notamment en l’aidant à équiper des unités de production à Boundoukou.

En 2008, elle a poursuivi son soutien principalement au niveau du renforcement des capacités d’organisation de deux groupements de femmes et d’une coopérative autour de Korhogo.

La Fondation a effectué des missions de suivi en juillet 2007 et juillet 2008 et a pu ainsi constater les avancées sur le terrain.