L’engagement de la Fondation en faveur du droit des peuples autochtones

Le programme « droit des peuples » de la Fondation donne la priorité à la question des droits collectifs des peuples autochtones à disposer de leurs richesses biologiques et culturelles, aujourd’hui régulièrement violés par des politiques agressives d’exploitation économique des ressources naturelles et des connaissances traditionnelles sur la biodiversité qui y sont associés.

La destruction de l’environnement, de l’identité, et des modes de vie traditionnels des peuples indigènes, dernières barrières de protection des milieux naturels méga divers de la planète, représente une menace pour l’humanité toute entière.

Certes, il existe des textes juridiques internationaux affirmant l’existence des droits des peuples indigènes, comme la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007) sans effet contraignant ou la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (1989) toujours non ratifiée par la France, ceux-ci ne sont pas toujours respectés.

Face à cette injustice économique et morale, la Fondation s’engage en faveur de la préservation et de la valorisation des richesses et modes de vie traditionnels des peuples. Soutenir ces peuples et les aider à faire respecter leurs droits tout en réhabilitant leurs messages dans nos sociétés occidentales est aujourd’hui l’une des priorités de la Fondation.

Comment expliquer cet engagement ?

D’abord, parce que nous partageons avec ces peuples un rejet certain d’un système dominant destructeur niant les droits fondamentaux des populations devenues vulnérables, et parce que nous sommes conjointement engagés dans la recherche de solutions durables pour l’avenir.

Peuples autochtones, mouvements sociaux et défenseurs de l’environnement se rejoignent dans leurs combats. Ils aspirent, chacun à leur manière, à un monde plus juste et plus respectueux de l’homme et son environnement. Ces communautés sont les premières menacées par la logique économique qui valorise la recherche du profit, trop souvent au détriment des éléments naturels et plus globalement de l’ « humain ».

Les peuples autochtones, qui vivent dans des sociétés où l’argent n'a pas la même place centrale que dans la nôtre, ont beaucoup à nous apprendre. A travers leur relation à la Terre et leur vision holistique du monde (cosmovisions) qu’ils se transmettent de génération en génération, les peuples autochtones sont porteurs de messages et de solutions pour retrouver un développement à visage écologique et humain. Le dialogue avec ces communautés doit nous faire réfléchir à ce qui compte réellement dans nos vies, en tant qu’individus, communautés, humanité, et nous permettre de définir conjointement les contours de cet « autre monde possible ».

Il est donc primordial de soutenir les peuples autochtones dans leur démarche pour préserver et disposer de leurs richesses face aux menaces actuelles. France Libertés est ainsi engagée auprès de nombreuses communautés en Amazonie et en Afrique du Sud, pour lutter contre le phénomène de biopiraterie, c’est-à-dire contre l’appropriation illégitime des savoirs autochtones sur la biodiversité par des sociétés commerciales via les droits de propriété intellectuelle. France Libertés soutient également le peuple Quechua de Sarayaku en Amazonie équatorienne ou le peuple Ashaninka d’Acre au Brésil, dont les « projets de vie » autour du « Bien Vivre » illustrent pleinement une réflexion globale sur la notion de richesse.

Face aux importantes préoccupations sociales et environnementales de notre temps, les actions de la Fondation en faveur des peuples autochtones s’inscrivent dans une volonté globale de renouer des liens entre l’homme et la nature au sein de notre culture occidentale. Le programme « Droits des peuples » consiste non seulement à relayer les luttes autochtones pour la Vie et le respect de la Nature, mais également à rendre leurs messages intelligibles au Nord afin de pouvoir inventer ensemble la société « durable » de demain.