Depuis plus de 25 ans, la Fondation œuvre pour faire reconnaître et respecter les droits humains à travers le monde. Dès sa création, nous avons soutenu les luttes des peuples opprimés et des minorités non-représentées par les Etats. C’est ainsi que nous avons accompagné le combat contre l’apartheid en Afrique du Sud et en faveur des droits des minorités ethniques dans des régimes autoritaires (Kurdes, Touaregs, Quechuas, Karens, Tibétains…).

Aujourd’hui, le programme « droit des peuples » de la Fondation est plus spécifiquement tourné sur la question des droits des peuples autochtones à disposer de leurs richesses naturelles et de choisir leur propre modèle de développement. Ainsi, nous donnons la priorité aux droits collectifs de ces populations: le droit à l’autodétermination, qui comprend le droit à déterminer son propre développement économique, social et culturel et le droit à disposer, préserver et valoriser leurs ressources naturelles, savoirs et modes de vie traditionnels qui y sont associés.

Les peuples autochtones sont estimés à 400 millions de personnes réparties dans 77 pays sur les cinq continents. Un consensus politique, juridique et anthropologique s’est construit autour la définition des « peuples autochtones » : il s’agirait des « premiers arrivés », c’est-à-dire des descendants de « ceux qui étaient là avant d’autres ». Ils vivent sous la domination de structures étatiques qui leurs sont étrangères et sont considérés comme formant une minorité culturelle. Au regard de la société majoritaire, ces peuples vivent particulièrement en situation de pauvreté et subissent de nombreuses discriminations.

La Déclaration sur les droits des peuples autochtones de 2007 leur reconnait des droits fondamentaux dont ils auraient toujours dû jouir, en tant que membres de la famille humaine. Elle admet également que les peuples autochtones ont subi des injustices historiques à cause, entre autres, de la colonisation et de la dépossession de leurs terres, territoires et ressources, ce qui les a empêchés d’exercer leurs droits humains fondamentaux.

Les territoires des peuples autochtones recèlent plus de 60% des ressources minérales mondiales. De manière générale, les pays du Sud détiennent 80% des ressources naturelles de la planète, auxquelles sont directement associées les connaissances, les identités et les modes de vie des peuples autochtones.

Les peuples autochtones et les communautés locales sont les gardiens de la biodiversité. Pourtant aujourd’hui, ils subissent de graves violations de leurs droits humains fondamentaux, à commencer par celui à la vie (eau, alimentation, santé), le droit à l’autodétermination et à la souveraineté sur leurs terres, leurs territoires et leurs ressources naturelles (accès, libre disposition, développement). De fait, l’exploitation, voire le pillage, des richesses et ressources naturelles par des tiers, entraîne une destruction massive de leur environnement, mettant gravement en danger leur identité et leurs modes de vie traditionnels.

La  démarche  culturelle  de  ces  peuples  est  souvent  nourrie  par  plusieurs principes  guidant  leur  vie en communauté : le profond respect de la « Terre Mère » ; la philosophie du « Bien Vivre » qui consiste en un mode de vie et de pensée en harmonie écologique et sociale avec le Vivant, au-delà de l’accumulation de richesses matérielles ou pécuniaires ; la prise de  décision collective pour et par la communauté, et le respect des ancêtres et des descendants.

C’est pour participer à la défense de la biodiversité biologique et culturelle de notre planète que la Fondation mène des actions pour renforcer les capacités locales des peuples autochtones à défendre leurs droits fondamentaux à disposer de leurs terres, leurs ressources et leurs savoirs, considérés comme des biens communs de l’humanité ; partager les visions du monde des peuples autochtones et des communautés locales afin remettre l’humanisme au cœur de nos sociétés ; et promouvoir un modèle alternatif de société, en harmonie avec les peuples, l’environnement, culturel et naturel et les générations futures.

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