Danielle Mitterrand remet le prix de la Mémoire à Lounès Matoub lors d’une cérémonie à la Sorbonne en 1994

« Le Berbère que je suis est frère du juif qui a vécu la Shoah, de l’Arménien qui a vécu le terrible génocide de 1915, de Taslima Nasreen et de toutes les femmes qui se battent de par le monde; frère du Tibétain acculé par-delà les glaciers, frère du Kurde qui lutte sur les tirs croisés de multiples dictatures et frère de l’Africain déraciné … Nous avons en commun la mémoire de nos sacrifices. » Lounès Matoub

A travers ce fil tendu entre les peuples, réunis au delà de leurs différences, Lounès Matoub, fait résonner ses paroles solidaires dans nos esprits. Maniant les mots comme des dons, le chanteur et poète kabyle les utilise pour faire vivre la mémoire et l’identité culturelle berbère. En 1994, au cours d’un puissant instant, rempli de respect, Danielle Mitterrand lui remet le prix de la Mémoire pour son engagement au nom de la liberté et de son peuple. Quatre ans plus tard, Lounès Matoub paya ses valeurs fièrement portées au prix de sa vie.

Comme tant d’autres âmes qui chantent la résistance, libres penseurs et esprits en révolte, ils bouleversent l’ordre établi. Du pianiste argentin Miguel Angel Estrella, prisonnier politique durant la dictature militaire, au comédien et metteur en scène exilé chilien Oscar Castro et jusqu’à l’actrice iranienne Golshifteh Farahani, esprit rebelle engagé pour la cause kurde, l’art et la création sont plus que jamais un moyen de revendication et de résistance.

Sensible à cette force d’engagement pour que vive la liberté et la paix face à l’autoritarisme et les oppressions, Danielle Mitterrand et la Fondation ont soutenu nombres d’artistes en lutte.


 

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