En 2015, France Libertés s’est opposé à un brevet de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Ce brevet, portant sur les propriétés antipaludiques de la plante Quassia Amara (aussi appelée Couachi) identifiées en Guyane grâce à l’apport de savoirs traditionnels, constitue selon France Libertés un cas flagrant de biopiraterie. Par ce brevet, l’IRD s’approprie des savoirs médicinaux et ne reconnait pas l’apport des populations autochtones et locales. Le 21 février 2018, l’Office Européen des Brevets (OEB) chargé de trancher l’affaire, a considéré de manière surprenante le brevet comme valide.

Le 14 avril, dans une lettre adressée à l’IRD, plusieurs chefs amérindiens qualifient l’action de l’IRD sur la plante Quassia Amara de biopirate : « le dépôt de ce brevet qui résulte d’une décision unilatérale de l’IRD, sans consultation préalable des Peuples Autochtones concernés et qui n’a été accompagné d’aucune procédure de partage des avantages peut être qualifié de biopiraterie ». Ils s’insurgent également de la décision de l’OEB allant contre les droits des Peuples autochtones.

Ils exigent de la transparence quant aux actions de l’IRD et réclament : « la publication de l’ensemble des travaux effectués, des brevets déposés et en cours de dépôt concernant des savoirs traditionnels amérindiens »  et « la communication de l’ensemble des noms des personnes consultées dans le processus de recherche sur la plante Couachi ».

Ils évoquent enfin la nomination récente en Guyane du Grand Conseil Coutumier (GCC) qui est l’autorité compétente pour traiter de la question accès aux ressources génétiques et savoirs traditionnels s’y rapportant ainsi que le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Les autorités coutumières signataires de la lettre appellent à une rencontre entre le GCC et l’IRD dans les plus brefs délais.

Lire la lettre des chefs à l’IRD – 14.04.2018 – PDF

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