Noneau et Bubulle - EhoFrance Libertés lance une série de strips intitulée « Noneau et Bubulle », deux personnages issus de l’imagination de Jérôme Eho pour parler autrement du changement climatique et de l’eau.



 

L’eau et le climat entretiennent des relations fortes, mais lesquelles ? Comment et quand ?

A chaque instant les cycles naturels, dont celui de l’eau, s’opèrent autour de nous. Depuis de nombreuses années, les activités humaines modifient le climat et le grand cycle de l’eau. Leurs dérèglements s’impactent de manière réciproque.

La Fondation France Libertés, dans le cadre de son plaidoyer « Eau et Climat », souhaite mettre en avant l’importance du retour à l’équilibre et de la protection du cycle de l’eau dans la lutte contre le changement climatique. C’est pourquoi elle a noué un partenariat avec l’artiste engagé Jérôme Eho. Avec cette collaboration, notre objectif est de parler autrement du changement climatique. Il s’agit d’illustrer l’importance des actions quotidiennes et concrètes de chacun.e à tous les niveaux.

Jérôme Eho, auteur, scénariste et dessinateur, a, par son crayon et son imagination, mis en scène Noneau et Bubulle, deux fidèles amis. Tous deux vont comprendre comment l’Homme modifie son environnement, mais aussi découvrir comment il est possible, chaque jour, d’œuvrer pour intégrer nos activités au cycle de l’eau et ainsi rétablir le climat.

 


5 septembre 2017 – Le grand cycle de l’eau

Dans quel etat - Jerome Eho

Le cycle global de l’eau, ou grand cycle de l’eau, correspond à l’ensemble des échanges d’eau sur la planète Terre. L’eau est extrêmement mobile,  ce qui lui permet de naviguer entre l’atmosphère, l’hydrosphère et la biosphère. Selon sa localisation, son état change, passant d’une forme gazeuse comme les nuages, à une forme liquide comme les cours d’eau, les océans. L’eau est également présente dans le sol et les plantes. Enfin, on la retrouve  sous forme solide dans les zones plus froides du globe terrestre, avec les glaciers par exemple. En rayonnant, le soleil dégage de l’énergie thermique. Cette énergie déclenche les changements d’états de la ressource en eau : évaporation, condensation, précipitation et assure ainsi le grand cycle de l’eau et la répartition de la ressource sur l’ensemble de la Terre.

La modification du climat sur Terre dérègle ainsi le grand cycle de l’eau. A l’inverse les différentes perturbations du cycle de l’eau vont influencer les microclimats et le climat global.


12 septembre 2017 – Le cycle local de l’eau

Coup de chaud - Jerome Eho

A l’intérieur du grand cycle de l’eau se trouve, à l’échelle d’une région ou d’un bassin versant, le cycle local de l’eau. Le mécanisme est identique mais concerne une zone géographique moindre : l’eau évaporée retombe localement sous forme de pluie, elle s’infiltre ensuite pour alimenter les végétaux et les nappes avant de s’évaporer à nouveau par condensation et former les nuages. L’eau contenue dans l’atmosphère et dans les sols joue un rôle clef dans la thermorégulation locale de notre planète : le cycle local de l’eau influence le climat local.

L’Eau et le Climat possèdent ainsi de fortes  interactions : le changement climatique perturbe le cycle de l’eau, de la même manière que les dysfonctionnements du cycle de l’eau impactent le climat. C’est par l’eau que l’on perçoit le plus rapidement et le plus facilement les impacts du changement climatique (sècheresses, inondations…). S’ils sont très médiatisés, on parle en revanche beaucoup moins des effets de la perturbation du cycle de l’eau par les activités humaines sur le climat.


19 septembre 2017 – La désertification des terres

La culture de l'eau - Jérome Eho

La dégradation des sols connait de multiples causes : extractivisme, agriculture, urbanisation, déforestation… Un sol dégradé impacte directement le fonctionnement du cycle de l’eau en favorisant l’érosion, limitant l’infiltration de l’eau dans le sol et donc le rechargement des nappes phréatiques.

Dans les territoires où les sols sont imperméabilisés, les inondations sont de plus en plus nombreuses et les épisodes climatiques de plus en plus extrêmes. Un sol sec, sans végétation et sans vie, piège la chaleur solaire. Cela provoque l’augmentation des températures locales, la réduction des nuages et donc des précipitations, qui deviennent aussi plus violentes. Dans certaines régions du monde, et pas seulement les zones arides, cela conduit à la désertification des terres.


26 septembre 2017 – Ancrer le climat dans le local

A peu de choses Jerome Eho

Pour conserver l’équilibre entre cycle de l’eau et microclimat, il est indispensable de maintenir la stabilité des précipitations et des processus d’infiltration et d’évaporation. Lorsque l’eau vient à manquer dans les sols et dans l’atmosphère, les températures locales augmentent créant de véritables bulles de chaleur. Les vents, dont la direction et l’intensité sont influencées par les variations de températures, se déplacent différemment, tout comme les nuages. La fréquence et l’intensité des précipitations sont ainsi bouleversées, et c’est tout le microclimat qui se trouve modifié. Ces changements climatiques à petite échelle s’additionnant les uns aux autres, engendrent un dérèglement global du cycle de l’eau et du climat !

Les activités humaines sont responsables des perturbations des processus du cycle de l’eau et contribuent aux dérèglements climatiques locaux et globaux en impactant le fragile équilibre en place. Il est primordial de modifier notre mode de vie dans de nombreux domaines : urbain, péri urbain, rural, industriel mais également en œuvrant pour la préservation des espaces naturels existants.


3 octobre 2017 – L’infiltration de l’eau

Mission infiltration - Jérôme EhoLe cycle de l’eau est régit par de nombreux processus : précipitation, ruissellement, infiltration, évaporation, transpiration, condensation. Ensemble, ils établissent l’équilibre permettant de répartir l’eau sur Terre. Si l’on perçoit très facilement la circulation de l’eau superficielle (cours d’eau, mer et océans), il ne faut pas pour autant négliger les processus d’infiltration. Dans ce processus la qualité des écosystèmes végétaux et terrestres sont indispensables : arbres, petites et grandes plantes, mangroves, tourbières… chacun joue de nombreux rôles.

Outre la production d’oxygène et l’épuration de l’air, ces espaces naturels, par leurs nombreux liens avec le sol (dont les systèmes racinaires) favorisent grandement l’infiltration de l’eau et ainsi son stockage dans les nappes phréatiques et le sol. Ce n’est qu’une fois l’eau stockée dans les végétaux, le sol et le sous-sol que les processus suivants, comme la transpiration, vont intervenir et ainsi permettre la poursuite du trajet de l’eau dans son cycle.


10 octobre 2017 – Les îlots de chaleur urbains

Insulaires solaires - jérome EhoLes îlots de chaleur urbains sont des microclimats artificiels créant un effet de « dôme thermique » au-dessus des villes. A cause de l’urbanisation, la ville absorbe plus de calories solaires qu’un milieu végétalisé, comme une forêt ou un champ. Durant la journée, les villes emmagasinent la chaleur provenant du soleil et de la circulation dans le béton et le macadam, et la libèrent la nuit. Mais le bâti minéral agit comme une serre : une fois absorbé, le rayonnement solaire est ensuite renvoyé sous forme de rayonnement infrarouge réchauffant l’air urbain, et — en l’absence de vent — toute la ville. Ce phénomène est amplifié lors des vagues de chaleur, comme par exemple celle qu’a connue l’Europe en 2003.

La mauvaise qualité de l’air mais aussi l’intensification des évènements extrêmes (canicules, inondations) sont autant de conséquences au changement climatique qui traduisent la faible résilience des villes face à ces transformations.


17 octobre 2017 – L’importance des zones humides

A l'eau à l'eau - Jérôme EhoLes zones humides sont des terres qui sont imprégnées ou recouvertes d’eau douce, salée ou saumâtre, de façon permanente ou temporaire. En plus d’avoir un rôle écologique énorme (épurateur de l’eau, niches écologiques pour de nombreuses espèces), ces zones jouent un rôle clé dans la régulation du cycle local de l’eau. Les zones humides fonctionnent comme des éponges :

  • elles absorbent et stockent l’eau lors des phénomènes hydrologiques intenses (crues, tsunamis, inondations)
  • et constituent des réservoirs durant les périodes d’étiages (période où cours d’eau atteint son point le plus bas) et les épisodes de sécheresses.

Face au changement climatique leurs intérêts sont d’autant plus cruciaux, par leur capacité à stocker le carbone mais aussi leur rôle de protection contre les évènements climatiques extrêmes et contre l’érosion des berges et du littoral.

Jugées comme inutilisables à des fins productives, ces zones ont fortement diminuées face à la pression des activités humaines. En France 50% de celles-ci ont disparues au cours du siècle dernier. Aujourd’hui une dynamique de réhabilitation et de restauration de ces espaces naturels est en cours, elle est indispensable pour restaurer le cycle local de l’eau.


24 octobre 2017 – L’effet boomerang

comme un ouragan - Jérôme Eho

Les sources et les conséquences du changement climatique sont clairement identifiées et validées par une grande majorité de scientifiques, sur l’ensemble du globe. Cependant, ce ne sera pas forcément les grand pays pollueurs ou les plus grands perturbateurs du cycle de l’eau qui seront les plus touchés.

Déjà, les pays les plus vulnérables situées dans des zones géographiques où le climat est plus propice aux extrêmes subissent, depuis plusieurs années, le dérèglement climatique. En zone tempérée, comme en France, les modifications climatiques commencent à se ressentir. Elles sont le résultats de plusieurs décennies de modification de notre environnement et des cycles naturels.


31 octobre 2017 – Savoirs ancestraux

Ancestraux jamais trop - Jérôme Eho

Les modes de vie occidentaux modifient le cycle de l’eau et le climat. De nombreux peuples autochtones considèrent quant à eux que les êtres humains vivent en perpétuelle interrelation avec les entités qui composent la Nature. Leur mode de vie est extrêmement lié à leur environnement et donc respectueux des cycles naturels comme celui de l’eau. Leurs connaissances, pratiques et savoirs traditionnels leur permettent notamment d’anticiper les variations climatiques, de les comprendre mais aussi de mettre en place des solutions assurant leur résilience face à un environnement changeant.

Les Maasaï, peuple autochtone du Kenya et de Tanzanie, sont semi-nomades. Cela  implique une gestion stratégique des ressources naturelles, sans les détruire ni les épuiser. Le respect de ces cycles naturels permet aux ressources de se régénérer. Il est aujourd’hui indispensable de reconnaitre et protéger ces pratiques bâties sur des savoirs autochtones ancestraux mais aussi, si ces peuples souhaitent leur diffusion, de s’en inspirer.


7 novembre 2017 – Conférence pour le climat

L espoir fait vivre - Jérome Eho

Les évènements climatiques récents nous permettent d’observer clairement les impacts du dérèglement climatique. Les premières alertes comme la fonte des glaciers et l’élévation du niveau marin ne cessent de s’amplifier tandis que des évènements climatiques extrêmes (cyclones, sècheresses et inondations), sont de plus en plus violents. Chacun, partout dans le monde, observe les conséquences du dérèglement du climat.

La COP23, pourtant sous la gouvernance des Fidji mais organisée en Allemagne, apparait composée d’objectifs ne prenant pas suffisamment en compte l’urgence  de ces réalités. Alors que la COP21 semblait marquer un tournant historique en actant la mise en œuvre des accords de Paris en 2020, les COP suivantes auraient dû se traduire par une mise en œuvre contraignante de ces accords. Si la COP22 a trop faiblement entamé ce travail, la COP23 semble tout aussi peu prometteuse. Ainsi, les engagements concrets et actés visant à lutter contre le changement climatique sont extrêmement lents à se réaliser, à l’inverse des perturbations causées par l’Homme sur les cycles naturels, qui elles, ne cessent d’augmenter.


14 novembre 2017 – Les États insulaires

Noneau et bubulle - Insulaires tous sous l'eau

Les petits États insulaires se situent au niveau de la mer. Comme les Fidji, présidant actuellement la COP23 à Bonn, ces États sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Pourtant parmi les moins pollueurs, ces États subissent les conséquences de la perturbation du cycle du carbone et du cycle de l’eau.

Malgré le nombre croissant d’enjeux pesant sur leur territoires, ils représentent aujourd’hui les principaux acteurs et moteurs de la lutte contre le changement climatique au niveau international comme au niveau local. Les îles du Pacifique, par exemple, regorgent de solutions et alternatives permettant d’adapter leur mode de vie à un environnement changeant, tout en restaurant le cycle de l’eau.


21 novembre 2017 – Conférence climat

Dans quel monde vit on - Jerome EhoSi les politiques n’avancent pas aussi vite qu’on le souhaiterait, heureusement, les citoyens et la société civile n’attendent pas les décisions et négociations pour agir et manifester leur opinion !

Cette vidéo de réaction de la société civile et de participants à la COP23 a récemment fait le buzz sur les réseaux sociaux. Face à une conférence d’une délégation de Trump sur l’importance des énergies fossiles pour atténuer le changement climatique, une idée ubuesque, un groupe de manifestants s’est mobilisé en perturbant la dite conférence. Le discours américain va encore au-delà des dangereuses fausses solutions. Bien souvent, les décisions et prises de position politiques sont largement influencées par des lobbys entrepreneuriaux. L’issue de la COP23, incertaine, n’empêchera pas les initiatives et solutions alternatives de continuer à évoluer.


28 novembre 2017 – Vignes et vins

L'effet papillon - Jérome Eho

Si l’augmentation des températures peut présenter des avantages dans certaines productions agricoles en France, une trop forte élévation couplée à des périodes de sécheresse conduit inévitablement a des impacts négatifs. C’est le cas de la vigne et donc du vin produit : en Aquitaine l’élévation des températures a jusqu’à présent eu des conséquences positives sur la qualité du vin, ce ne sera plus le cas si la température continue de croitre. Des études actuellement réalisées à ISW d’Aquitaine montrent que des températures supérieures à 35°C entrainent une altération des feuilles et un blocage de la synthèse des sucres permis par la photosynthèse. Les raisins, également touchés, présentent des brûlures et un dessèchement, limitant l’accumulation de ces sucres dans les raisins.

Sur le vin, les conséquences sont automatiques : déséquilibre gustatif, modification des arômes, et vieillissement prématuré.


5 décembre 2017 – L’évapotranspiration des arbres

A trop piquer - Jérôme Eho

Le cycle de l’eau dans les forêts tropicales fonctionne de la même façon que dans les forêts tempérées européennes, mais il est beaucoup plus court et intense. En zone tropicale, le taux de couverture végétale du sol est un facteur important pour l’établissement du régime de mousson, à l’origine des pluies tropicales. Dans la forêt amazonienne, 50 à 80% de l’eau transpirée et présente dans l’air sous forme d’humidité demeure dans le cycle de l’eau de son propre écosystème. Avec la déforestation, l’humidité baisse et moins d’eau se concentre dans l’atmosphère, ce qui affecte dramatiquement les précipitations et les microclimats.

Pour aller plus loin :


12 décembre 2017 – La question des financements

la question du financement - Jérome Eho

Le 12 décembre 2017, deux ans jour pour jour après la clôture de la COP21 débouchant sur les accords de Paris et malgré la COP23 qui aura eu lieu un mois plus tôt, Emmanuel Macron organise un sommet d’étape portant sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique. A l’honneur de ce sommet est annoncé la mobilisation de fonds (privés et publics) mais également la définition des cadres de distribution de ces financements.

Si la mobilisation de financements semble être un élément moteur des actions de lutte contre le changement climatique, elle est loin d’être un élément obligatoire. Avant toute mise en place d’accords ou moyens de financements publics ou privés présentant le risque d’impliquer la dépendance des uns, sans favoriser la justice climatique et la justice sociale, il est indispensable de rappeler que de nombreux projets et alternatives à échelle humaine sont menés partout dans le monde. Malgré des contextes complexes et diversifiés il est possible d’accompagner les populations dans l’adaptation mais aussi dans la lutte contre le changement climatique. Que ce soit au Portugal, au Pérou, en France, au Kenya, ou au Rajasthan, des projets portés par les communautés sont mis en œuvre et luttent pour l’équilibre du cycle de l’eau et du climat, sans forcément nécessiter d’innovations techniques ou financements privés.


19 décembre 2017 – L’eau virtuelle

Godilleau virtuel noneau et bubulle

L’eau virtuelle désigne l’ensemble des consommations d’eau nécessaire à la production d’un bien de consommation ou d’un produit intermédiaire. Le terme « eau virtuelle » vient compléter « l’eau réelle » d’un produit fini, c’est-à-dire l’eau visible.

Son objectif est mettre en avant l’ensemble de l’eau utilisée pour la réalisation d’un bien ou service que l’on ne retrouve pas dans le produit fini. Ainsi le concept d’eau virtuelle est utilisé pour évaluer l’empreinte environnementale d’un produit, d’un service, des échanges commerciaux entre pays ou d’un mode de vie, on part alors sur la notion d’empreinte eau. On pourra ainsi évaluer l’empreinte eau d’un kilo de légume, de viande, ou d’une paire de chaussure en partant de l’eau virtuelle consommée. Par exemple pour produire un verre de lait, 200l d’eau sont nécessaires : pour ses besoins en eau quotidien, pour cultiver son alimentation, mais aussi le transport ou encore le conditionnement !

Pour aller plus loin :


26 décembre 2017 – La mer d’Aral

Aral le bol Noneau et Bubulle

Autrefois quatrième lac du monde par sa superficie,  la mer d’Aral a depuis perdu 60% de son volume suite à une surexploitation à partir des années 1950 par l’Union soviétique afin d’irriguer des cultures de coton et de blé, puis de riz. Cette surexploitation a provoqué la salinisation et la pollution des nappes phréatiques et des sols par les engrais chimiques, détruisant toute la biodiversité locale. La disparition de cet environnement a provoqué des modifications importantes du microclimat (baisse de la pluviométrie, augmentation des tempêtes de vent) et des effets désastreux sur l’économie locale ainsi que sur la santé de la population.

Aujourd’hui, la mer d’Aral est coupée en deux par un barrage, l’objectif : condamner la partie sud de la mer, pour laisser ses chances à la partie nord. Celle-ci renait aujourd’hui de ses cendres, grâce à la remontée du niveau de l’eau mais aussi de nombreux projets de reforestation et de préservation de l’environnement.

Pour aller plus loin, rendez-vous sur France inter ou regardez le reportage Planète Sable.  


9 janvier 2018 – Les mangroves

Le cas outchou - Noneau et Bubulle

Les mangroves font partie de la grande famille des zones humides. La mangrove est un écosystème propre aux littoraux tropicaux qui possède de nombreux avantages : riche biodiversité,  stockage du carbone, filtre naturel, régulateur du cycle de l’eau… Principalement constituées de palétuviers, on retrouve les mangroves dans les zones de balancement des marées, espaces unissant la terre et la mer. Cette place bien particulière confère aux mangroves un rôle tout aussi particulier dans le cycle de l’eau. Elles assurent la protection du littoral contre l’érosion causée par le vent ou les courants marins. Les mangroves stabilisent le trait de côte et, lors d’évènements climatiques extrêmes,  réduisent l’impact des ouragans, tempêtes et tsunamis. Victimes de l’urbanisation, de la déforestation et de la surexploitation de ses ressources, ces zones disparaissent. Pourtant, l’énergie d’une vague peut être réduite de 75% lorsqu’elle passe à travers de 200 mètres de mangrove en bon état.

Au Kiribati, et notamment à l’atoll de Tarawa Sud, 70 % de la mangrove, qui protège les côtes de l’érosion, a disparu depuis les années 1940, principalement en raison de l’urbanisation. Aujourd’hui, le gouvernement de Kiribati fait volte-face et restaure les mangroves. La mangrove est désormais perçue comme solution émanant de la Nature pour répondre aux enjeux des îles du Pacifique face au changement climatique.

Pour aller plus loin, quelques articles sur Géo confluences, Le Monde, RFI et Goodplanet.


16 janvier 2018 – Les remontées d’eau salée

Salement sale

Les zones littorales connaissent différentes menaces en raison du changement climatique : que ce soit par la hausse du niveau des mers, les changements de régime des précipitations ou encore les longues périodes de sécheresse. Ces phénomènes sont indéniablement liés au cycle de l’eau. Certaines zones en proies à des épisodes de sécheresse importants sont victimes du phénomène d’intrusion d’eau salée. Pourtant habituellement en contact direct, l’intrusion salée (ou biseau salé) se produit par un déséquilibre entre l’eau douce des nappes souterraines et l’eau salée de mer : la perte d’étanchéité est alors provoquée par l’assèchement des nappes phréatiques. Ainsi l’eau salée s’infiltre dans les eaux souterraines polluant les nappes, l’eau douce et le sol. L’eau devient alors impropre à la consommation, les terres incultivables et les couvertures végétales disparaissent.

Le dérèglement du cycle de l’eau accentue les rapports terre/mer par des échanges plus brutaux et extrêmes. Il est essentiel de préserver la biodiversité littorale (espaces naturels, mangroves) afin de renforcer la résilience de ces espaces mais également de favoriser l’équilibre du cycle local de l’eau.


23 janvier 2018 – L’eau en bouteille

Non mais a l eau quoi

La production d’eau en bouteille est l’un des plus gros paradoxe de notre société : elle représente 10kg de déchets par an et par personne, nécessite de 1 000 ans pour se dégrader, impacte les milieux terrestres, aquatiques, et marins. D’autant que le prix de cette eau, vendue sous un gage de meilleure qualité, représente à 80% son coût de l’emballage et de son transport. Ainsi, en France, consommer de l’eau en bouteille revient à payer l’eau 100 à 200 fois plus cher, sans obtenir de meilleure qualité, par rapport à celle du robinet. La commercialisation de ce Bien Commun cache généralement des impacts écologiques, économiques et sociaux bien plus grand.

C’est le cas de Fiji Water, « l’eau la plus pure du monde », exportée depuis les Fidji par une entreprise occidentale pour vendre une eau de luxe aux Etats Unis. L’eau douce, au Fidji, est marquée par sa rareté, pourtant la quantité d’eau exportée dans les pays occidentaux pour la consommation d’une eau dite de luxe ne cesse de croître. Un commerce qui impacte l’accès à l’eau pour les habitants de ces îles, la qualité de celle-ci et dérègle le cycle local de l’eau sur ces îles, déjà touchées par le dérèglement climatique. Quelques articles pour aller plus loin, sur Bio à la une, Partage des eaux, et Global Voices.


30 janvier 2018 – Les stations de ski

Glace pas classe

Les montagnes, les glaciers et donc les stations de ski ne sont pas épargnées par le changement climatique. L’enneigement, de plus en plus court et tardif met en péril l’économie des stations de ski.

Si certaines se tournent vers la reconversion en diversifiant leurs activités hors neige, d’autres ont tendance à combler le manque par l’utilisation de l’eau pour la transformer en neige de culture. En piochant dans les réserves naturelles (glaciers, nappes d’eau souterraines et superficielles) ou artificielles (retenues collinaires, cuves, ou eau potable), ces stations aggravent le dérèglement climatique en déséquilibrant le cycle de l’eau.

Elles font le choix d’allouer une ressource naturelle, bien commun de l’humanité, au maintien d’une activité économique.

Quelques articles pour aller plus loin, sur l’Obs ou Vertigo.


6 février 2018 – La mine montagne d’or

Mine Montagne d'or - Jerome Eho

La plus grande mine d’or à ciel ouvert pourrait voir le jour en Guyane. Montagne d’or, c’est son nom, porté par les entreprises Columbus Gold et NordGold, serait la plus grande exploitation aurifère de Guyane. Située entre deux réserves biologiques intégrales, ce projet titanesque aura d’énormes conséquences environnementales, économiques et sociales. En impactant directement la biodiversité, la forêt et mettant à mal la qualité de l’eau en Guyane, ce projet va à l’encontre des ambitions climatiques Françaises. Sur place, de nombreux acteurs se battent pour alerter la population des enjeux pesant sur leur territoire, comme le Collectif Or de question rassemblant plusieurs dizaines d’acteurs guyanais et associations nationales. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la rubrique « extractivisme » de notre site internet.


13 février 2018 – Migrer sur Mars n’est pas une option

Jerome eho eau et climat

Les épisodes de raréfaction d’eau potable, de pollution des eaux ou d’accaparement des eaux sont quotidiens sur la planète et de nombreuses communautés en sont victimes. Le Cap, Afrique du Sud se trouve en ce moment même dans une situation de pénurie d’eau plus que préoccupante.

Il existe un lien direct entre le manque d’eau en quantité et qualité suffisante et les activités humaines. La croissance démographique galopante nous rappelle qu’il est primordial d’inscrire notre société dans un système de respect du droit à l’eau pour tous et de partage égalitaire de la ressource. Les décisionnaires politiques ont un rôle prégnant dans cette question. Migrer sur Mars n’est pas une option ! Nous devons préserver la ressource en eau sur Terre pour nous tous et pour les générations futures.