Pour rappel, l’entreprise Texaco a opéré en Equateur entre 1964 et 1992. Sur cette même période, elle s’est rendue responsable d’avoir déversé pas moins de 71 millions de litres de résidus de pétrole et près de 64 millions de litres de pétrole brut sur un territoire s’étendant sur 2 millions d’hectares de l’Amazonie équatorienne. L’eau bue par les habitants, où vivent les poissons qu’ils pêchent et dans laquelle ils se lavent, a été polluée à très forte dose. Ce désastre environnemental est sans précédent et les dommages sur la santé des habitants de la zone sont inestimables.

Une plainte collective a été déposée en 1993 devant un tribunal de New York par 30.000 victimes. La justice américaine avait fini par décider en 2001 que la justice équatorienne était compétente dans ce conflit.

La compagnie nord-américaine est condamnée en février 2011 à verser 9 milliards de dollars de dommages et intérêts. Le juge avait prévu de doubler cette peine si la compagnie ne présentait pas ses excuses au tribunal pour des comportements jugés «inappropriés».

Chevron, qui avait racheté Texaco en 2001, a fait appel. En février 2012, la nouvelle décision de la justice équatorienne condamne donc l’entreprise pétrolière à 18 milliards de dollars de dommages et intérêts.

En novembre de cette année, la cour nationale de justice équatorienne, la plus haute instance juridique du pays, a confirmé la condamnation record de la firme américaine pour pollution : 9,5 milliards de dollars (environ 7 milliards d’euros), soit l’un des plus forts montants de l’histoire du droit de l’environnement, annulant le doublement de l’amende décidé en 2011.

Chevron, qui conteste cette décision, a lancé il y a quelques mois un recours devant un tribunal international d’arbitrage, se basant rétroactivement sur un traité entre les Etats-Unis et l’Equateur. L’entreprise a par ailleurs déposé plainte devant un tribunal newyorkais pour diffamation contre tous les plaignants équatoriens ainsi que leurs représentants.

Le Président Rafael Correa a dénoncé une affaire qui « n’est pas juridique mais politique ». Lors de sa récente visite en France, il a appelé à la solidarité internationale : « Partout des Comités de soutien à la révolution citoyenne se constituent. Nous invitons tous nos amis d’Europe et du monde à les rejoindre pour exprimer leur refus de l’arrogance des firmes multinationales que détruisent l’environnement et veulent ensuite se laver les mains. Les « mains sales » de Chevron ne doivent pas demeurer impunies. »

Demain, mardi 10 décembre, la Fondation France Libertés se rendra à l’Ambassade d’Equateur en France pour participer à la constitution d’un comité de soutien envers le peuple équatorien.

Pour en savoir plus, consultez le site du ministère équatorien des relations extérieures (en espagnol), ou l’article du monde diplomatique traduit en français.

Vous pouvez également télécharger le document de l’Ambassade d’Equateur en France : La compagnie Chevron-Texaco cherche à faire payer au peuple équatorien ce qu’elle a pollué

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