Depuis  leur  lancement  en  mars  2012,  les  Rencontres  «Eau  Planète  et  Peuples»  ont  rassemblé  des  centaines d’organisations de la société civile du monde entier pour partager leurs expériences et leurs visions de ce bien essentiel qu’est l’eau. Une même idée rassemble les organisations participantes : l‘eau est un bien commun qui doit être accessible à tous car il est l’élément constitutif de la vie.

Ce side event avait pour objectif de traiter la question du changement climatique à travers le prisme de l’eau et des communautés locales. Deux problématiques ont été abordées durant cette conférence :

  1. La première, c’est que le changement climatique est intrinsèquement lié à l’eau, tant par ses causes que par ses conséquences. Les conséquences, nous les connaissons tous-tes : sécheresses, désertifications, inondations et autres catastrophes climatiques sont toutes liées au surplus ou à l’absence d’eau. Concernant les causes, en revanche, notre gestion des cycles de l’eau est rarement considérée comme un des facteurs du changement climatique, et pourtant  en déforestant, ou en surexploitant les nappes phréatiques pour des usages énergétiques, industriels, agricoles ou urbains, nous asséchons et appauvrissons nos sols et nous perturbons le cycle local de l’eau. Un exemple, en 2015, la ville de Sao Paulo a subi d’importants problèmes d’approvisionnement et de coupures d’eau directement liés à la déforestation massive de l’Amazonie.


  2. La deuxième problématique abordée concernait les communautés locales. Premières affectées par le changement climatique car plus vulnérables, ces communautés ont pourtant un mode de vie et des savoirs extrêmement respectueux de la nature, représentant de potentielles solutions de lutte ou d’atténuation du changement climatique. Ces communautés sont détentrices de connaissances et savoirs ancestraux qui nourrissent des réflexions sur des solutions alternatives et durables pour la lutte contre le changement climatique.
 
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A été notamment abordé le cas de la restauration des khettaras, technique traditionnelle d’approvisionnement en eau dans les oasis marocains. Ces infrastructures, laissées à l’abandon pendant des décennies s’avèrent aujourd’hui intéressantes pour rendre les populations oasiennes plus résilientes face au changement climatique.

Pour rendre ces communautés locales plus résilientes, 3 priorités ont été mises en avant :

  • La nécessité de promouvoir l’eau comme bien commun : l’eau est notre patrimoine mondial, elle a un rôle fondamental dans la biosphère et que nous devons apprendre à mieux la gérer collectivement.
  • La nécessité de promouvoir le droit à l’eau et sa mise en œuvre : le changement climatique et les déséquilibres qu’il entraîne déjà sont une menace supplémentaire au droit à l’eau des populations les plus vulnérables. Ce droit doit donc être consolidé et garanti au plus vite.
  • L’implication indispensable des communautés locales : pour rendre les populations résilientes, il faut aller systématiquement vers un diagnostic avec les communautés locales pour qu’elles promeuvent elles-mêmes les mesures les plus pertinentes et adaptées à leur territoire. Redonner confiance aux populations, faire appel à leur capacité d’imagination et à leurs pratiques endogènes est essentiel à la gestion intégrée des écosystèmes.

Vidéos diffusées

  • Rajendra Singh sur la restauration des Johads au Rajasthan, Inde : comment une région touchée par la désertification a vu l’eau et la verdure revenir grâce à un système traditionnel de réapprovisionnement des nappes phréatiques.
  • Martin Guespereau sur la politique proactive menée contre le changement climatique par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse : rendre leur place à l’eau et à la nature en ville est indispensable pour atténuer les effets du changement climatique. Pour cela, il nous faut désimperméabiliser les sols, en ville comme à la campagne, et accepter que la nature ne puisse pas toujours être maîtrisée.

Intervenants

  • Kristel Malègue, coordinatrice de la Coalition Eau,
  • Emmanuel Poilane, directeur de Francee Libertés,
  • Mohamed Tourad, fondateur et directeur de l’ONG mauritanienne Tenmiya
  • et Ahmed Jaakou, vice-président de l’AOFEP.

Animation : Nadja Bedock, chargée de programme Eau Bien Commun, France Libertés.

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