Le Chili vit depuis plusieurs jours des mobilisations massives de la population dénonçant les très fortes inégalités. Ces manifestations d’une ampleur inédite reflètent une remise en cause du modèle néolibéral poussé à son maximum dans ce pays depuis la dictature. Répression violente, militarisation et état d’urgence ont été la réponse donnée par le chef d’Etat chilien occasionnant plusieurs morts.

Voici la traduction de la déclaration publique du 21 octobre de notre partenaire chilien MODATIMA (Mouvement de défense pour l’accès à l’eau, la terre et la protection de de l’environnement) dont le porte-parole, Rodrigo Mundaca, est le lauréat du Prix Danielle Mitterrand 2019.


Déclaration publique de MODATIMA

1. Le scénario actuel de manifestations et de mobilisations qui se tient dans tout le pays reflète le mécontentement et le malaise ressentis par une partie importante de la population qui voit l’État, les institutions, les secteurs politiques dominants et le marché bafouer de manière systématique nos droits fondamentaux.

2. Après des jours de manifestation, le gouvernement n’a pas été en mesure de dialoguer et d’offrir des solutions politiques aux revendications sociales justes. Au contraire, sa principale réponse a été la répression excessive, les violences policières et l’état d’urgence ; portant atteinte aux principes de base de toute démocratie.

3. L’état d’urgence décrété par Sebastián Piñera montre que le gouvernement préfère laisser le contrôle des conflits entre les mains de l’armée. Dans ce contexte de protestation sociale croissante, cela souligne son incapacité à apporter des solutions concrètes et la paix aux populations constituant pourtant la majorité des habitants du territoire national.

4. Par conséquent, MODATIMA exprime son rejet catégorique du contrôle militaire ainsi que la répression policière dans le reste du pays, et appelle le gouvernement à annuler ses mesures de répression contre la démocratie.

5. Face à ce scénario de crise politique et institutionnelle profonde, nous appelons les organisations sociales et politiques à demander des solutions structurelles. Cela commence par la création d’une Assemblée constituante issue de l’exercice de la souveraineté populaire.

MODATIMA 21-10-2019

Modatima

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