Genève, Suisse

Face au refus du gouvernement brésilien d’ouvrir un dialogue avec les populations autochtones, France Libertés, Amazon Watch, International Rivers et  la Bianca Jagger Human Rights Foundation en appellent à l’ONU pour que l’Etat brésilien respecte enfin ses engagements internationaux. Le side event « Barrages hydroélectriques et consultation des peuples autochtones: propositions concrètes pour mettre fin aux violations dans l’Amazonie brésilienne » qui a eu lieu lors de la 29ème session du Conseil des droits de l’Homme a aussi été l’occasion de donner des exemples concrets de moyens de mettre en place le droit international à l’échelle d’un Etat.

ademir_munduruku_juin_2015_cdh.jpgAdemir Munduruku, leader autochtone, a rappelé que les peuples autochtones du Brésil  n’ont jamais été consultés sur la construction de barrages sur leurs terres, en violation totale des droits reconnus par l’Etat brésilien.

« Nous sommes venus aux Nations Unies pour souligner le fait que l’Etat brésilien doit mettre en œuvre la Convention 169 de l’OIT, un accord respecté par de nombreux pays mais qui n’a jamais été appliqué au Brésil. Nous exigeons un dialogue sincère et transparent sur ces projets de barrages, sans mensonges ni tromperies. Cette consultation doit respecter notre droit de décider et notre droit d’opposer un veto aux projets qui impactent les territoires autochtones et riverains ».

felicio_pontes.jpgFelicio Pontes, procureur du Brésil, a quant à lui expliqué le contexte juridique au Brésil, qui empêche que toute décision de justice en faveur des peuples autochtones ne soit prise. En effet, un mécanisme juridique datant de la dictature, la « suspension de sécurité », permet au gouvernement fédéral de demander la suspension d’une décision de justice qui irait à l’encontre de « l’intérêt national ».

« Nous démontrons que le ministère public fédéral brésilien ne néglige pas la défense des peuples autochtones. Les dizaines d’actions judiciaires que nous avons jugées démontrent que le gouvernement brésilien viole les droits des peuples autochtones, en utilisant de manière indiscriminée un instrument juridique de la dictature appelé « Suspensão de Segurança » ».

bianca_jagger.jpgEnfin, Bianca Jagger, défenseure de longue date des droits des populations autochtones de l’Amazonie a affirmé

« Je suis présente aujourd’hui pour soutenir le peuple Munduruku, représenté par Ademir Kaba, et les autres communautés amazoniennes. Nous demandons au gouvernement de la présidente Dilma Roussef de respecter les obligations du Brésil relatifs à la Convention 169 de l’OIT et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, en garantissant le droit à un processus de consultation libre, préalable et éclairé de tous les peuples autochtones et communautés traditionnelles, dont les modes de vie et culture sont irrémédiablement affectés par ces grands travaux. »

La présence des deux défenseurs brésiliens au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a été l’occasion de rencontres avec des membres de l’OHCHR et les équipes des rapporteurs spéciaux sur l’indépendance des juges, le droit à un environnement sain et le groupe de travail sur les entreprises transnationales.

Sensibilisés par Ademir Kaba et Felicio Pontes à la situation dramatique en Amazonie brésilienne, France Libertés continuera de coopérer avec l’ONU afin que le gouvernement brésilien prenne conscience que la communauté internationale est attentive à ses actions.

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