Qu’implique vraiment la course à l’extraction croissante des ressources naturelles ? Au-delà de la question du changement climatique, l’extractivisme est-il compatible avec le respect des droits humains et de l’intérêt général ?

Les réponses à ces questions sont plus que préoccupantes, car les conséquences de l’exploitation effrénée de nos ressources sur l’environnement et sur les droits de l’homme sont déjà terribles.

L’extractivisme est basé sur l’excès
pour répondre aux besoins de nos sociétés de surconsommation

Les industries extractives regroupent toutes les activités qui touchent à l’extraction de minéraux sous forme solide, liquide ou gazeuse, ce qui inclut donc les minerais, les hydrocarbures et les gaz. Concrètement, ce sont par exemples les mines à ciel ouvert ou les forages de gaz de schiste.

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Ces activités extractives polluent massivement et causent des dommages irrémédiables aux écosystèmes. Elles engendrent des catastrophes écologiques et sanitaires. Dernier exemple en date : l’incendie qui dévaste la région de Fort McMurray au Canada est directement lié aux exploitations de sables bitumineux.

Mais les industries extractives mettent aussi en péril de nombreux droits humains, pourtant élémentaires, pour les populations qui vivent à proximité. C’est le cas du droit à l’eau car les industries extractives surexploitent ou polluent cette ressource, menaçant par là même la survie des communautés voisines.

Alors pourquoi allons-nous, jour après jour, plus loin dans l’extractivisme ?

La prédominance des intérêts des entreprises sur celui des citoyens
est la règle qui sous-tend le modèle extractiviste.

Les catastrophes sont souvent causées par le non-respect des normes ou le manque d’entretien des installations. C’est ce qui s’est passé en début d’année, quand deux ruptures d’un oléoduc au Pérou ont déversé l’équivalent de 3000 barils de pétrole brut dans la nature. Mais au lieu de prendre en charge les conséquences de ces catastrophes et d’en assumer les responsabilités, les entreprises extractives y répondent avec insouciance et mépris pour les populations et l’environnement.

Pire, elles jouissent d’une quasi immunité sur le plan juridique et bénéficient du vide législatif autour de la responsabilisation des entreprises extractives. Ces pratiques irresponsables sont encouragées par des États souvent complices, à coup de répression, de droits bafoués et de lois permissives.

Nous ne pouvons plus ignorer les conséquences sociales, sanitaires et environnementales de l’extractivisme. Nous devons opérer un changement de paradigme sociétal. Nous devons dire non aux projets extractifs.

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir le rapport «  Droit à l’eau et industries extractives : la responsabilité des multinationales ». Au sommaire :

  • Préface de Danielle Auroi, députée du Puy-de-Dôme
  • Pourquoi l’eau
  • Les nombreuses manières dont les industries extractives affectent l’eau
  • Le droit à l’eau, une arme pour les résistances et les alternatives ?
  • Réponses inadéquates
  • Questions et défis pour l’avenir
  • Conclusion : le droit à l’eau, un droit éminemment politique

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altermedias_extractivisme.jpg Ce soir, nous présentons ce rapport dans le cadre d’une table-ronde intitulée "Impacts sociaux et environnementaux du modèle extractiviste" organisée par le CRID, France Libertés et Ingénieurs Sans Frontières.

Intervenants : Sylvie Paquerot, de l'Ecole d’Etudes Politiques de l’Université d’Ottawa (Canada), Olivier Petitjean, de l'Observatoire des multinationales, Alice Richomme, de France Libertés, Thibaud Saint-Aubin et Théo Roche d'Ingénieurs Sans Frontières.

Infos pratiques : le lundi 30 mai à 19h à la Maison des Associations du 10ème, 206 Quai de Valmy, 75010 Paris. Entrée libre.
 

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