En octobre 2019, à la suite de l’Algérie, du Soudan, de Hong-Kong et des gilets jaunes en France, il y a presque un an jour pour jour, des soulèvements populaires ont éclaté dans différents pays.

Au Chili, Liban, Équateur, Iran, Irak… partout, les peuples ont pris les rues, occupé les places, rebaptisé les avenues. Ils ont dénoncé par des actions concrètes les ravages de la gestion néolibérale et/ou autoritaire de leurs gouvernements, la corruption des élites politiques, l’absence de toute perspective d’avenir. Ces nouveaux mouvements, largement spontanés et horizontaux, ont crié leurs désirs de justice sociale, d’égalité, de démocratie, de refus des dominations.

Un an plus tard, parmi ces pays en plein bouillonnement, la Fondation Danielle Mitterrand a choisi de mettre en lumière le Liban et le Chili. En effet, au Liban, les peuples en révolte font face à une situation de crise systémique – économique, monétaire, politique, sanitaire, écologique, sociale -, dans un pays divisé et géré de manière clanique et confessionnelle. L’explosion meurtrière du port de Beyrouth en août 2020 a encore aggravé la situation. Des centaines de milliers de personnes plongent dans la pauvreté et la crise politique s’aggrave. Des citoyens s’organisent pour faire face.

Au Chili, laboratoire historique du néolibéralisme autoritaire, l’état d’urgence sanitaire a pris le relai de la « guerre » déclarée par le président Sebastian Piñera contre les manifestants, entraînant des milliers de blessés et plusieurs mort. La dynamique du mouvement a été ralentie par près six mois de confinement. Mais le 25 octobre, un référendum crucial pourrait ouvrir à un changement de Constitution et la mise en place d’une assemblée constituante, en rupture profonde avec l’ordre néolibéral instauré depuis la dictature en 1973.

En quoi ces mouvements peuvent contribuer à une métamorphose profonde et radicale de nos systèmes économiques, politiques, sociaux, jusqu’à nos manières de vivre, sentir et agir en commun ? Quelles alternatives démocratiques, sociales, écologiques, solidaires, continuent de s’y inventer, après les moments les plus incandescents ? Quelles en sont les perspectives ? Comment ces mouvements ont-ils fait face à la répression policière et judiciaire, puis au confinement et à la crise sanitaire ?

Pour répondre à ces questions, la Fondation a décidé de donner la parole à des activistes chiliens lors d’un wébinaire exclusif mardi 13 octobre, organisé en partenariat avec le Modatima et Rodrigo Mundaca, lauréat du Prix Danielle Mitterrand 2019 : « Chili : soulèvement populaire et changement de Constitution, quels défis et perspectives ? ». Puis, le 23 novembre 2020, nous aurons l’immense plaisir de confier le prix Danielle Mitterrand au collectif libanais « Buzuruna Juzuruna » (Nos graines, nos racines). Depuis 3 ans, libanais, réfugiés syriens, et volontaires français font vivre une ferme agro-écologique au cœur de la vallée de la Bekka au Liban. Ils nourrissent des dizaines de familles, proposent des formations à des centaines de personnes en situation de précarité et, au cœur d’un État failli, construisent ici et maintenant la possibilité d’un avenir désirable.

Pierre Bonneau
Chargé de programme « Alternatives démocratiques et commun(s) »  de la Fondation Danielle Mitterrand

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