C’est une rentrée exceptionnelle marquée par le port du masque dès l’âge de 11 ans et des mesures de distanciation physique importantes.

Ces mesures sont nécessaires car elles permettent la solidarité par rapport aux plus vulnérables, nous protègent nous-mêmes et les autres et permettent de continuer à agir toutes et tous ensemble !

Elles ont – et auront ! – une incidence importante dans notre relation aux autres. Nous sommes maintenant privés d’une partie de nos moyens d’expression : nos corps ne peuvent se toucher, exprimer cette chaleur nécessaire à l’amitié, à l’amour, les sourires et les lèvres ne peuvent plus être vues et même la possibilité de nous voir physiquement avec les plus vulnérables, avec celles et ceux qui sont éloigné.e.s de nous. Dans nos têtes, un danger grandit, celui de voir l’autre comme un ennemi, porteur potentiel d’un mal, qu’il faudrait éviter. Tout cela peut conduire à renforcer la fracture sociale entre nous.

Ceci arrive en pleine entreprise de délitement : les violences racistes, sexistes, homophobes, sociales d’une partie des médias dominants et de la classe politique ne cessant d’augmenter, sans mentionner le rôle de l’État…

Face à ce double danger, retisser du lien est plus que jamais crucial. Comment faire ? Danielle Mitterrand nous disait : « pour lutter contre les murs qui séparent, qui enferment et qui isolent, il faut commencer par abattre les préjugés que nous portons en nous et ne jamais retenir l’élan qui nous pousse vers l’autre ».

Abattre nos préjugés peut se réaliser par la déconstruction de nos représentations du monde et d’une partie de notre éducation. L’émergence de formidables mouvements féministes, décoloniaux, anti-racistes, LGBT+ peut jouer un rôle décisif et salutaire dans ce processus de déconstruction. Leurs travaux, parfois difficile à accepter ou à entendre, parce qu’ils questionnent nos pratiques, nos convictions, nos attitudes ancrées en nous, sont une chance incroyable de déconstruire les préjugés que nous portons, nos rapports toxiques aux autres et de créer des liens d’émancipations individuels et collectifs pour toutes et tous.

Alors en cette rentrée si particulière, retournons à la rencontre de l’autre, autrement, masqué.e et à distance tant physique que de nos préjugés, pour continuer à reprendre vie. Car comme le dit si bien Alain Damasio « c’est la rencontre, le fait actif d’affecter et d’être affectés, passionnément, qui va nous hisser au vivant, il devient crucial d' »aller à la rencontre«  ».

Jérémie Chomette

 

 

 

Jérémie Chomette

Directeur de la Fondation Danielle Mitterrand

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