Du 29 au 31 octobre à Paris, le Sommet mondial 2018 des défenseurs des droits humains rassemblera 150 défenseurs du monde entier qui feront part de leurs combats quotidiens. Un temps d’échanges primordial au regard de la multiplication et l’intensification de leur criminalisation partout sur la planète.

Organisé par Amnesty International, Association for Women’s Rights in Development, le Service international pour les droits de l’Homme ainsi que ProtectDefenders.eu et les membres de son conseil (FIDH, Reporter Sans Frontières et l’Organisation mondiale contre la torture), le Sommet 2018 est soutenu par une multitude d’autres ONG, dont France Libertés.

France Libertés engagée dès 1998 pour les luttes des défenseurs des droits humains

Déjà en 1998, France Libertés s’était engagé pour mettre en avant les luttes menées par les défenseurs des droits humains en organisant avec la FIDH, ATD Quart Monde et Amnesty International les Etats Généraux des Défenseurs des Droits Humains. Ouvert par un discours de Danielle Mitterrand, ce sommet s’était tenu du 8 au 11 décembre au Palais de Chaillot à l’occasion des 50 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Les 300 défenseurs des droits humains conviés avaient participé à plusieurs séances plénières durant lesquelles ils avaient délivré leurs messages et revendications. Les sessions spécifiques avaient mis l’accent sur les droits des femmes, les conflits armés, l’extrême pauvreté, l’impunité, le racisme et les droits des enfants.

Le sommet de 1998 s’était achevé par l’adoption de la Déclaration de Paris et d’un Plan d’action. La Déclaration, qui déplorait la criminalisation des défenseurs, invitait les Etats à « respecter et faire respecter le droit à la liberté d’action des défenseurs des droits humains ». Le Plan d’action entendait donner une base commune de travail pour les défenseurs des droits humains et améliorer leur protection. En parallèle du sommet était adoptée à l’ONU, après 13 ans de négociations, la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’Homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, communément appelée Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme.

Les défenseurs aujourd’hui toujours victimes de violations de leurs droits

Malgré cette déclaration onusienne et les documents issus du sommet organisé par la société civile, force est de constater que les défenseurs des droits humains sont toujours victimes d’intimidation, harcèlement, attaques voire assassinat.

La sortie récente du rapport de Global Witness fait notamment état de 207 défenseurs de l’environnement assassinés pour l’année 2017, un record ! La preuve qu’il est nécessaire d’éclairer cette problématique, chercher à renforcer la protection de ces individus et mettre fin à l’impunité entourant leur criminalisation voire assassinat. Le rapport de Global Witness, A quel prix ?, fait le lien entre nos sociétés de surconsommation basées sur l’exploitation effrénée de la nature et ces assassinats. Les défenseurs tués luttaient en effet contre l’agrobusiness, le secteur minier ou encore l’exploitation forestière. Global Witness attire aussi l’attention sur l’impunité de ces assassinats : de 2009 à 2016, seulement 13 % des 458 assassinats qu’ils ont relevés ont été suivis par la justice.

Parmi les régions les plus touchées, l’Amérique latine arrive en tête avec le Brésil qui comptabilise 57 assassinats. En Asie, le cas des Philippines est particulièrement inquiétant avec 48 meurtres auxquels s’ajoute une forte criminalisation des activistes. Récemment, Joan Carling, active dans la défense des droits des autochtones et ancienne experte onusienne sur la question, et Vicky Tauli Corpuz, actuelle Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits des peuples autochtones, ont toutes deux figuré sur une liste établie par le gouvernement les qualifiant de terroristes.

Le Sommet des défenseurs des droits humains 2018 : faire le bilan

Le Sommet d’octobre 2018 sera donc l’occasion de faire un bilan des deux dernières décennies et d’éclairer la situation actuelle des défenseurs. Véritable caisse de résonance pour les voix des défenseurs des droits humains, l’objectif du Sommet est d’appeler la communauté internationale à renforcer ses engagements pour leur protection, de mettre en valeur leur travail et de faire mieux connaître leur rôle et les menaces auxquelles ils sont continuellement confrontés. Les défenseurs des droits humains qui participeront à ce Sommet auront l’opportunité de rencontrer, débattre et travailler avec les organisations de droits humains, plusieurs représentants d’Etat, l’ONU et le secteur privé.

Plus d’information sur le site internet du Sommet, la page Facebook ou le Twitter.

 

 

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