Les usines d’incinération se multiplient à Delhi. Les récupérateurs indiens s’y opposent et pointent du doigt la responsabilité des Nations Unies dans le financement de ces projets industriels.

Ces projets sont subventionnés dans le cadre de l’UNCCC via les mécanismes de développement propre (MDP). Ces mécanismes de compensation issus du Protocole de Kyoto permettent aux pays du Nord, dans le cadre onusien, de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre en subventionnant des technologies dites « propres » dans les pays du Sud.

Tout comme AIKMM, France Libertés estime que les usines d’incinération n’ont rien de technologies propres, elles sont avant tout destructrices.

En premier lieu, elles menacent le moyen de subsistance de dizaines de milliers de ramasseurs populaires. Par ailleurs, les incinérateurs soulèvent des inquiétudes environnementales et sanitaires majeures : ils sont reconnus pour être responsables de l’émission de toxiques nocifs (dioxine et métaux lourds).

Enfin, ils sont le symbole de la fuite en avant consumériste des pays occidentaux dans laquelle les pays émergents s’engouffrent. Le slogan « Réduire, réutiliser, recycler » des récupérateurs de déchets devrait être à l’ordre du jour pour répondre aux enjeux d’un « développement durable ». Au lieu de cela, les usines d’incinération fleurissent un peu partout or elles ne sont pas une réponse sociale et environnementale viable.

Il est nécessaire de privilégier une gestion sociale et locale des déchets. Les récupérateurs de déchets indiens ont besoin du soutien de la société civile internationale contre la multiplication des usines d’incinération et l’implication des Nations Unies dans ce type de projet.

France Libertés soutient cette mobilisation et s’oppose plus que jamais à l’exportation d’un modèle de gestion des déchets inadapté aux enjeux sociaux et environnementaux actuels.

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