En amont de la COP23, dirigée par les Fidji et organisée à Bonn en Allemagne, 30 Gardiens de la Forêt se sont regroupés pour effectuer un tour des grandes capitales européennes. Venus de communautés locales et autochtones d’Amazonie, d’Amérique Centrale et d’Asie, ces gardiens veulent faire connaitre les communautés forestières, gardiennes des forêts et dénoncer la criminalisation et les homicides des leaders et défenseurs de l’environnement.

Les gardiens de la foretCe tour s’achèvera à Bonn lors de l’ouverture de la COP23, la Conférence pour le climat Il doit permettre de rendre visibles les problématiques des autochtones sur la scène internationale, au travers des rencontres avec la société civile européenne, , la presse et les gouvernements. Par ce tour les Gardiens souhaitent  également faire reconnaitre, au travers de leurs pratiques et savoirs ancestraux, l’importance et le rôle des peuples autochtones dans la lutte contre le changement climatique.

C’est avec l’ambition de porter ces messages que s’est tenue une rencontre inter-associative ce jeudi 26 octobre. Organisée par France Libertés, If Not Us Then Who et Agter, elle s’est concentrée sur deux thématiques clefs : la criminalisation et le changement climatique. Ces échanges ont marqué la nécessité, pour les ONG comme pour les décideurs, de prendre en compte la voix des peuples autochtones et leur importance dans la protection et la gestion des espaces naturels, comme les forêts.

Paris gardiens de la foret
De gauche à droite: Wilma Mendoza (COICA), Melaniys Ulimpa (AMAN) et son interprète, Dinamam Tuxá (APIB), Carolina Alvarado (AMPB).

Quatre Gardiens ont introduit la rencontre : Carolina Alvarado, représentante guatémaltèque de l’AMPB et Melaniys Ulimpa, représentant de l’AMAN en Indonésie, ont apporté leurs témoignages sur la problématique du changement climatique. Leurs messages, sources de solutions et d’actions concrètes pour lutter contre le dérèglement climatique, démontraient la nécessité de leur présence dans les instances nationales et internationales. Selon Anna Schmit, modératrice de la rencontre et experte GITPA : « la force des peuples autochtones est qu’ils ont la capacité d’expérimenter des modèles économiques liés à la nature ».

Ces premiers témoignages ont été suivis par ceux de Dinamam Tuxá, gardien au sein de l’APIB, au Brésil, et Wilma Mendoza, représentante bolivienne de la COICA. Ils ont mis en exergue les liens entre leurs actions de protection de leurs terres, des forêts et donc de l’environnement, face à la criminalisation qu’ils subissent en raison de leur refus et de leur résistance face au modèle capitaliste, productiviste et nocif pour la planète. Au travers de ces témoignages les Gardiens ont appelé au soutien des sociétés civiles : « Nous sommes la solution, nous sommes les défenseurs. Si les territoires autochtones sont les plus préservés, c’est que nous savons comment les préserver. Nous demandons votre soutien, pour nous et pour tout le monde, car protéger la forêt, c’est lutter contre le changement climatique. La criminalisation ne va pas nous arrêter. C’est pour ça que nous sommes ici. Nous résistons encore, nous existons encore ».

Suite à ces témoignages marquants, l’ensemble des Gardiens et des participants ont échangé de manière plus informelle quant à l’appui pouvant être apporté par les associations et ONG. Le point de départ d’actions futures à mener conjointement pour favoriser la reconnaissance des peuples autochtones comme acteurs et source de solutions dans la lutte contre le changement climatique.

guardians of the forest

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