L’inégale répartition de l’eau dans le monde entraîne des tensions voire des conflits liés à l’accès et au droit à l’eau. Deux types de conflits se dégagent :

– Conflits liés à l’accès à l’eau :

Avec l’augmentation de la pression démographique (la population mondiale devrait augmenter de plus de 2,5 milliards de personnes d’ici 40 ans), le changement climatique et le niveau de vie occidental, les 260 bassins fluviaux partagés entre deux ou plusieurs états sont soumis à de plus en plus de pressions.

En effet, chaque état souhaite avoir accès à l’eau en quantité nécessaire pour ses activités alors que ce bien vital se fait de plus en plus rare.

De fortes tensions se font actuellement sentir à plusieurs endroits de la terre comme par exemple entre Israël et la Syrie sur la question du contrôle du plateau du Golan, entre l’Egypte et le Soudan avec le Nil, entre la Turquie, la Syrie et l’Irak pour le partage du Tigre et de l’Euphrate ou encore entre les Etats-Unis et le Mexique par rapport au Colorado.
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– Conflits liés au droit à l’eau :
l’exemple de la guerre de l’eau de Cochabamba en 2000 :

En septembre 2009 à Cochabamba (Bolivie), le service municipal d’eau potable et d’assainissement a été privatisé et vendu à l’entreprise « Aguas del Tunari » sans que les habitants n’aient été prévenus ni consultés.

A la suite de cela, le prix du service de l’eau a flambé et les réseaux d’eau communautaires ont eux aussi été repris par l’entreprise. Les habitants de Cochabamba ont commencé à se mobiliser et à protester face à cette mauvaise gestion. Ils ont d’abord demandé une baisse des tarifs mais personne ne les a écoutés. Ils se sont même heurtés à la répression de l’armée durant les manifestations.

Cependant, la mobilisation citoyenne n’a cessé d’augmenter, les habitants se sentant privés de leur droit à l’eau. En avril 2000, la « guerre de l’eau » s’est traduite par une grève générale qui paralysa la ville entière et entraîna une forte répression du gouvernement et de la police.

Résultat : de nombreux blessés dont un tué. Les habitants ont cependant continué la mobilisation avec détermination jusqu’à ce que, le 11 avril 2000, le gouvernement reconnaisse sa défaite. « Aguas de Talinas » a donc dû s’en aller et la gestion de l’eau à Cochabamba est redevenue une gestion publique.

Pour aller plus loin : lire « L’eau, un bien public », coordonné par Olivier Hoedeman et Satoko Kishimoto, éditions Charles Léopold Mayer.

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