Le changement climatique est décidément au cœur de l’automne. L’ouragan Maria a violemment traversé la Guadeloupe pendant que notre Président de la République continuait sa mission d’ambassadeur du Climat devant les Nations-Unies à New-York.

Les évènements nombreux et dévastateurs qui se multiplient devraient amener nos sociétés à transformer radicalement leurs modes de pensée pour enrayer le changement climatique avant qu’il ne mette à mal l’ensemble de nos modes de vie.

La Guyane et ses élus sont très conscients de cette réalité et du rôle de secours et d’appui qui leur revient vis-à-vis des autres territoires ultramarins victimes des cyclones, conséquence du changement climatique.

Pourtant, au cœur des débats en Guyane, ce sont les emplois de la Montagne d’or qui semblent passer avant l’adaptation nécessaire au changement climatique. Projet hautement climaticide situé entre deux réserves intégrales de biodiversité,  le projet de méga mine d’or industrielle est la caricature d’un projet du passé : mise en danger de la ressource en eau de l’ensemble du bassin de Guyane, déforestations génératrices de CO2, pollutions en lien avec les processus miniers et notamment la cyanuration et les explosifs nécessaires en très grandes quantités, ainsi que les risques inhérents aux stockages des déchets miniers et notamment des possibilités de ruptures de digues qui ont fait tant de dégâts au Brésil et ailleurs.

Alors que l’État français n’a de cesse de rappeler l’importance de la cohérence des politiques, nous nous trouvons en Guyane au cœur d’une incohérence criante.

La Guyane es tune des réserves de biodiversité les plus importantes au monde. Devant l’urgence qui nous est faite de transformer nos modèles de développement, la Guyane peut et doit être le laboratoire français des emplois pour la biodiversité et non un nouveau territoire sacrifié à l’extractivisme et au mirage de la mine propre.

Opposée à ce projet depuis de longs mois, deux représentants de la Fondation France Libertés sont allés en Guyane à la rencontre des populations autochtones et des associations mobilisées contre ce projet et notamment le collectif « Or de question ».

L’urgence environnementale – notamment celle du changement climatique – impose des résistances radicales aux projets climaticides. Le collectif « Or de Question » est radical et dit « non » au projet de la Montagne d’Or. Cette radicalité décriée par certains est pourtant un élément essentiel fasse à l’ampleur des risques qui pèsent sur le territoire guyanais.  Cette capacité à dire non qui seyait tant à Danielle Mitterrand, c’est l’assurance que leur voix sera entendue et qu’elle pèsera de tout son poids dans le débat, afin que l’ambition environnementale et climatique  soit prioritaire.

Pour autant, il reste à notre charge de proposer les projets structurés qui permettront, en face de ces emplois du passé, de proposer les emplois du futur. Cette responsabilité doit être partagée par l’ensemble des acteurs économiques, politiques, étatiques de Guyane et de métropole.

Emmanuel Poilane, directeur de France Libertés