Pour la Saur et si l’on prend sa défense à la lettre, le droit à l’eau pour tous n’existe pas et serait même inconstitutionnel, comme en témoigne la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) qu’elle a déposé, dont voici un extrait :

 
« La liberté d’entreprendre et la liberté contractuelle sont deux libertés que la constitution garantit dès lors qu’elles découlent toutes les deux de l’article 4 de la déclaration des droits de l’Homme de 1789 qui dispose que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui »


Couper l’eau ne nuirait donc pas à autrui ? Comment imaginer qu’une entreprise puisse utiliser cet article de la déclaration des droits de l’Homme face à un droit aussi fondamental que le droit à l’eau pour tous, le droit à la vie !
La Saur se rend-t-elle compte de la violence que représente une coupure d’eau ? Comment parler de liberté et d’intérêt général quand son action prive des personnes de l’eau nécessaire à la vie ?


Depuis de nombreuses années, les multinationales de l’eau et leurs lobbyistes font valoir qu’elles partagent avec nous la volonté de faire grandir le droit à l’eau pour tous mais devant le tribunal ce matin, l’une d’elles a démontré le contraire et forte de son engagement contractuel a oublié qu’elle distribuait le bien commun de vie et non pas une marchandise comme une autre.


Pour appuyer sa défense, la Saur compare sa prestation à celle de la distribution d’énergie en oubliant au passage que l’énergie est ouverte à la concurrence ce qui n’est absolument pas le cas pour l’eau. En effet, quelque soit votre lieu de résidence en France, vous ne pouvez choisir votre distributeur d’eau, il est choisi par votre collectivité et imposé à tous.


Pour mettre en avant sa position la Saur va même plus loin dans ce passage de leur QPC :  


« S’il est vrai qu’il n’y a pas de vie sans eau, la vie moderne suppose également de disposer d’un minimum d’électricité [ …], la continuité de l’alimentation en électricité est tout aussi, voire plus, « vitale » que celle de l’alimentation en eau »


Face à cette réflexion pour le moins arbitraire, nous nous questionnons : comment la Saur détermine-t-elle que l’électricité est plus vitale que l’alimentation en eau, lorsque l’on sait qu’une personne ne peut survivre que 3 jours sans eau ?
La Saur a-t-elle oublié cette réalité universelle comme elle est capable d’oublier ses clients. Heureusement qu’Arnaud a des amis et de la famille qui ont pu le soutenir dans cette épreuve, sans toilettes, sans douche, sans pouvoir faire le ménage. […]


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Ci-dessous, retrouvez le communiqué de presse :

La Saur nie l’illégalité des coupures d’eau !

 

 

 

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