Les prix Danielle Mitterrand 2017 seront remis à la militante Hindou Oumarou Ibrahim, peule Mbororo qui agit pour l’inclusion des peuples autochtones dans les instances internationales, et au collectif « Or de Question » qui s’oppose au projet de mine d’or « Montagne d’or » en Guyane.

Six ans après la disparition de Danielle Mitterrand, France Libertés continue de porter ses valeurs humanistes et cherche à transmettre au plus grand nombre sa vision d’un monde plus juste et plus solidaire. C’est pourquoi la fondation décerne chaque année le prix Danielle Mitterrand à un-e acteur-rice de la société civile ayant contribué à porter ces idées.

Un collectif de résistance : « Or de question »

Or de question collectif citoyenEn 2017, France Libertés est heureuse de décerner le prix Danielle Mitterrand au collectif « Or de question » qui réunit de nombreuses organisations de Guyane mobilisées contre le projet minier à échelle industrielle Montagne d’or. Ce collectif rassemble une grande diversité d’acteurs, des ONG environnementales, des organisations autochtones ou encore des mouvements politiques.

Le projet Montagne d’or est un gigantesque projet de mine d’or à ciel ouvert, en pleine forêt amazonienne en Guyane. La concession se situe exactement  entre deux réserves biologiques intégrales. Ce projet titanesque nécessiterait le creusement d’une fosse de 2,5 km de long, 500 m de large et 400 m de profondeur et générerait un volume de 400 millions de m3 de déchets miniers extrêmement nocifs. Il aurait des besoins énergétiques équivalant à 20 % de la consommation annuelle de la Guyane. Si elle voyait le jour, cette mine d’or serait la plus grande jamais réalisée en France.

Or de question est né pour s’opposer à ce projet porté par Columbus Gold (Canada) et Nordgold (Russie). Le collectif informe les citoyens en Guyane et en métropole, sensibilise et interpelle les décideurs politiques. Aujourd’hui, le débat public est en cours.

France Libertés salue cette résistance citoyenne qui s’est organisée en Guyane contre ce cas emblématique des dérives actuelles de l’extractivisme, cette exploitation effrénée de la nature qui met en péril notre planète et son climat.

Une militante autochtone : Hindou Oumarou Ibrahim

Hindou Oumarou Ibrahim portraitLe prix spécial est remis à Hindou Oumarou Ibrahim. Autochtone, peule Mbororo du Tchad, Hindou Oumarou Ibrahim agit pour porter la voix des peuples autochtones au sein des forums internationaux.

En 1999, elle participe à la création de l’Association des Femmes Peules et Autochtones du Tchad (AFPAT) qui tend à améliorer les conditions de vie des Mbororo. Hindou Oumarou Ibrahim a réalisé très tôt que la lutte pour les droits des peuples autochtones était indissociable de celle contre le changement climatique, qui met en péril le mode de vie des Mbororo : « La sécheresse réduit les moyens de subsistance et contraint les populations à se déplacer ».  L’AFPAT organise des campagnes de sensibilisation sur les droits humains et sur la protection de l’environnement. Elle se bat pour la reconnaissance de l’importance des savoirs traditionnels dans l’adaptation aux changements climatiques. Son action est couronnée de succès avec le Pacte des Nations Unies pour l’Environnement qui affirme cette reconnaissance en 2012. L’AFPAT fut la première association à base communautaire à participer aux négociations internationales sur le climat.

Hindou Oumarou Ibrahim est membre du comité exécutif du Comité de coordination des Peuples Autochtones de l’Afrique (IPACC), un réseau de 140 organisations de peuples autochtones dans 22 pays africains. Elle est également vice-présidente du Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique et représentante régionale du bassin du Congo au Comité de coordination des peuples autochtones d’Afrique.

Par ailleurs auteur de l’ouvrage « La fille peule autochtone du Tchad », qui décrit les conditions de vie difficiles des femmes au Tchad, Hindou Oumarou Ibrahim est nommée « exploratrice des solutions » par National Geographic en 2017. Son engagement, tant au niveau local qu’international, pour la reconnaissance et la protection des droits des peuples autochtones et de leurs savoirs traditionnels rejoint les engagements de France Libertés.

A vos agendas ! Cette année, la cérémonie se déroulera lors de l’événement de lancement du Festival des Solidarités le 18 novembre 2017 à Paris.

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