Cet article est le quatrième de la série « France Libertés fête ses 30 ans » –
Chapitre 1 : les Jummas, le peuple oublié
Chapitre 2 : la biopiraterie au coeur des combats de France Libertés
Chapitre 3 : le droit à l’eau pour tous, un engagement d’hier et d’aujourd’hui (1/2)
Chapitre 5 : Racisme, discrimination et exclusion : 30 ans d’action
Chapitre 6 : Kurdistan, 30 ans de compagnonnage
Chapitre 7 : La défense des droits des peuples à l’autodétermination

Depuis sa création, la fondation s’est donnée pour mission de défendre les droits humains en renforçant les capacités des populations locales tout en contribuant à relayer leur voix au niveau international. Pour la défense du droit à l’eau à l’international, France Libertés a agi et continue d’agir par le soutien à des projets de terrain, par une prise de parole au niveau des institutions internationales onusiennes ainsi que par le renforcement du dialogue et de la solidarité entre les sociétés civiles du monde entier.

Renforcer les capacités de populations locales : le financement de projets de terrain

Ayant déjà soutenu des centaines d’actions de terrain visant, entre autres, la promotion du droit à l’eau durant ses 25 premières années d’existence, le soutien à des projets de terrain passe désormais par des appels à propositions.

a_reality_-_collecting_water_for_domestic_consumption.jpg En 2010, France Libertés a ainsi lancé son premier appel à propositions « Eau, bien commun de l’humanité » qui visait le soutien aux acteurs travaillant à la promotion du droit d’accès à l’eau, à sa préservation et à sa gestion démocratique.
En 2013, France Libertés a lancé un deuxième appel à propositions « Ce que les populations autochtones ont à dire sur leur droit à l’eau » pour le financement de micro-projets œuvrant à la promotion et défense du droit à l’eau et à l’assainissement des populations autochtones.
En 2014, France Libertés a lancé un troisième appel à propositions « le droit à l’eau face aux activités extractives » ayant pour objectif d’appuyer le travail des acteurs, qui, face à des activités extractives, œuvrent à la promotion et à la défense du droit à l’eau et à la préservation et gestion durable de l’eau, bien commun de l’humanité.
Ce sont au total une trentaine de projets qui ont été soutenus dans le cadre de ces appels à propositions, entre 2010 et 2016.

Pour la fondation, le soutien aux projets a toujours été une relation à double sens. Si le premier objectif est bien évidemment de soutenir financièrement des actions d’intérêt général, le contact avec les communautés et organisations partenaires a également contribué à alimenter nos savoirs sur les pratiques et cultures locales de l’eau et ainsi à enrichir notre vision et notre plaidoyer sur l’eau.

 

La défense du droit à l’eau des populations locales au sein des institutions onusiennes

Depuis 1992, France Libertés dispose du statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social de l’ONU. Grâce à ce statut, la Fondation a pu délivrer, à travers l’organisation d’événements ou des déclarations orales et écrites, des messages forts autour de la thématique de l’eau.

Elle s’est ainsi attachée à affirmer régulièrement au sein des Nations Unies que l’eau était un droit humain fondamental et un bien commun du Vivant. En 2010, une fois le droit à l’eau officiellement reconnu par l’ONU, France Libertés s’est focalisée sur la mise en œuvre concrète de ce droit. Parmi les problématiques récurrentes, on peut noter les menaces que représentent les activités extractives et les grands projets de barrages à la réalisation du droit à l’eau.  La Fondation n’a ainsi eu de cesse de porter à l’attention des experts des Nations Unies et des représentants des Etats des cas de violations du droit à l’eau, qui nous  sont remontées par nos partenaires sur le terrain (Chili, Pérou, Mexique, Amérique centrale, Brésil, Ouganda, Roumanie, etc.). Ces projets miniers ou de barrages hydroélectriques mettent à mal tant la quantité d’eau disponible pour les usages vitaux que sa qualité, bouleversant bien souvent le mode de vie même des communautés concernées.

Au-delà de ces actions portant sur les violations du droit à l’eau, un des objectifs majeurs de la Fondation est également d’utiliser son statut pour relayer au sein des instances les voix des peuples non représentées ou marginalisés. Nous tachons donc de porter leurs messages et visions de l’eau (statut de l’eau, type de gouvernance…) en organisant régulièrement des rencontres avec des représentants de communautés (souvent autochtones). Nous participons à faire en sorte que leurs alternatives concrètes découlant de leurs visions du monde et de la nature soit entendues.

Le renforcement et la mobilisation de la société civile internationale

Œuvrer à la mise en place de droit à l’eau à l’international passe également par le renforcement des liens entre les sociétés civiles du monde entier, notamment par la mise en commun des savoirs et par la formulation de propositions communes. C’est dans cet esprit qu’ont été créées les rencontres Eau, Planète et Peuples, pensées comme un temps de coordination et de propositions de la société civile. Depuis leur lancement en mars 2012, les Rencontres « Eau Planète et Peuples » ont rassemblé des centaines d’organisations de la société civile du monde entier pour partager leurs expériences et leurs visions de ce bien essentiel qu’est l’eau. Une même idée nous rassemble : l’eau est un bien commun accessible à tous qu’il faut protéger.

« Nous exigeons que les États élaborent et mettent en œuvre des plans d’actions et mobilisent toutes les ressources financières publiques nécessaires pour la concrétisation du droit à l’eau et à l’assainissement incluant la solidarité internationale. »
Extrait de la déclaration Eau, Planète et Peuples issue des rencontres de mars 2012 à Marseille.

Les propositions issues des différentes rencontres ont vocation à servir de support à l’élaboration de plaidoyer pour le droit à l’eau  pour les organisations et citoyens y participant.

 

Eau, Planète et Peuples : des rencontres internationales

C’est également en sensibilisant les citoyens qu’on peut susciter le débat et la mobilisation autour de la question du droit à l’eau et France Libertés a toujours travaillé en ce sens. La fondation a par exemple été partie prenante de la campagne mondiale des Porteurs d’eau. Cette campagne de mobilisation lancée le 5 juin 2010 avait pour objectif de recruter un million de Porteurs d’eau, autant de voix pour faire que l’accès à l’eau soit enfin un droit pour tous, invités à signer la Charte des porteurs d’eau en acte d’engagement. C’est dans le cadre de cette campagne que la première feuille d’eau est née, objet militant aujourd’hui symbole de la fondation Danielle Mitterrand.

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