Le mot de la fondatrice

 

La vie a voulu que je parcoure un long chemin dans le temps. Le destin m’a donné l’occasion de fouler de nombreux tapis rouges et de rencontrer les grands de ce monde.

Mais il m’a surtout permis de côtoyer des populations de tous les continents, d’entendre les témoignages d’hommes et de femmes oubliés du bonheur de vivre et accablés par la misère.

Les tapis rouges des voyages présidentiels ne m’ont pas égarée, pas plus que les lustres ne m’ont éblouie. J’ai vu s’effondrer des dictatures, d’autres se constituer avec la protection et parfois l’encouragement des puissants de ce monde.

J’ai vu s’écrouler le communisme comme un château de cartes bousculé par les peuples qui ne supportaient plus le mépris de ses dirigeants.

Aujourd’hui j’observe un capitalisme qui se fissure et se détruit lui-même, victime de sa démesure totalitaire et de son mépris pour les valeurs humaines non marchandes.

25 ans après avoir créé France Libertés, les raisons d’être de la Fondation sont toujours valables… J’ai eu la chance de voir des situations changer, nous avons même gagné certains de nos combats.

Mais une trop grande partie de l’humanité reste au bord du chemin, et subit de plein fouet les folies de notre système. Le changement climatique en est un exemple : une fois de plus ce sont les plus pauvres, les plus vulnérables qui seront les premiers à payer pour notre « mal-développement ».

C’est pour cela que les actions que nous menons à la Fondation, pour favoriser l’accès à l’eau pour tous, pour redéfinir les « véritables richesses » et pour faire reconnaître et respecter le droit des peuples, me semblent toujours aussi nécessaires et essentielles.

France Libertés est essentiellement un maillon actif d’un réseau mondial qui aspire à organiser l’alternative à la mondialisation du commerce et de la finance pour une société qui donne toutes ses chances à la vie.

Danielle Mitterrand, 2011

Danielle Mitterrand, une vie d’engagement

De la Résistance à la création de France Libertés

Danielle Mitterrand par Titouan Lamazou

Danielle Mitterrand est née en 1924 à Verdun dans la Meuse. Au cours de la seconde guerre mondiale, âgée de 17 ans, elle devient agent de liaison dans la résistance et participe aux actions menées par ses parents. En mars 1944, elle rejoint le maquis de Bourgogne. Elle est décorée de la médaille de la Résistance à la Libération.

En 1944, elle rencontre François Mitterrand auprès duquel elle conduit de nombreuses actions militantes. Celui-ci est élu à la Présidence de la République française de 1981 à 1995.

Pour répondre à l’attente de tous ceux qui lui témoignent de leurs difficultés, elle organise, dès l’accession de François Mitterrand à la Présidence de la République, un secrétariat à l’Élysée pour étudier les témoignages et requêtes de ses correspondants. Elle crée trois associations :

– l’association du « 21 juin », dont le but est d’aider ceux qui œuvrent pour le respect des libertés et des droits de l’homme,

– « Cause commune », dont la vocation est de soutenir la réalisation d’initiatives locales pour les plus démunis en France,

– « La France est avec vous », dont l’objectif est de mettre à la disposition des populations sinistrées, toute forme d’aide matérielle et technique.

En 1986, Danielle Mitterrand crée ‘France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand’, reconnue d’utilité publique et dans laquelle fusionnent les associations ci-dessus.

 

Les combats de sa fondation

Dès sa création, France Libertés défend les droits de l’homme et soutient la résistance des peuples et des individus opprimés. La Fondation s’engage alors activement dans les grands combats tels que le soutien au peuple tibétain ou la résistance contre l’apartheid en Afrique du Sud. Elle participe aux grands projets d’aide aux pays du Sud comme la reconstruction du système éducatif au Cambodge, l’affirmation de l’identité Kurde ou la lutte contre le Sida.

Un quart de siècle plus tard, dans un monde qui a changé, la défense des droits fondamentaux demeure au cœur de l’action de la Fondation, et passe désormais par la promotion des biens communs de l’humanité (eau, biodiversité, terre…), et par une vraie redéfinition des richesses des peuples.

Danielle Mitterrand reçoit le Premier Prix humanitaire de la Fondation Elie Wiesel, puis en juillet 1990, elle est faite Docteur Honoris Causa de l’Université d’Edimburg ainsi que de celle de l’Université du Cap en Afrique du Sud. Elle reçoit également « l’IPS AWARD »(en septembre 1994), la Colombe d’Or à Dakar, le Prix du Centre Nord Sud à Lisbonne, ainsi que le Light Truth Award pour son action en faveur du peuple tibétain.

 

Bibliographie

Son combat pour la défense des droits de l’Homme et des libertés est relaté dans sept ouvrages:

  • La Levure du pain, Ed. Numéro 1, octobre 1992
  • En toutes libertés, Ed. Ramsay, février 1996
  • Ces hommes sont avant tout nous frères, Ed. Ramsay, juillet 1996
  • Le printemps des insoumis, Ed. Ramsay, mars 1998
  • Échanger la vie, Ed. Actes Sud, avril 2000
  • Le livre de ma mémoire, Ed. Jean-Claude Gawsewitch, novembre 2007
  • Mot à Mot. Entretiens avec Yorgos Archimandritis. Ed. Le Cherche Midi, janvier 2010.Citation Danielle Mitterrand