Photo : Goldman Environmental Prize Depuis 2011, cette paysanne andine affronte la gigantesque entreprise d’extraction d’or du fait que la concession minière se superpose à ses terrains d’habitation et d’agriculture vivrière. Parce qu’elle refuse de quitter son terrain, Máxima et sa fille ont été physiquement agressées par des employés de sécurité de l’entreprise. Sa famille et elle font l’objet de persécutions régulières de la part de l’entreprise et de la police, qui sont dénoncées par les ONG locales (incendies de leur habitation, coups de feu la nuit, intimidations…). Yanacocha a également porté plainte contre Máxima pour usurpation de terres, mais le procès a été gagné par la Péruvienne fin 2014.

Une très forte mobilisation de longue durée des communautés locales ont fait de ce projet minier qui s’étend  sur le territoire de Cajamarca, dans les Andes péruviennes, un symbole de la résistance à l’extractivisme dans le monde entier. Les opposants au projet redoutent principalement l’impact de la mine sur les fragiles sources d’eau de la région. Le projet doit en effet sacrifier quatre lacs-réservoirs d’altitude pour les remplacer par des lacs artificiels et construire des barrages de déchets miniers particulièrement dangereux en termes environnementaux et sanitaires.

Mais la collusion de l’Etat péruvien avec les entreprises dirigeant le projet a conduit à une forte répression de ces mobilisations sociales, entraînant la mort de plusieurs opposants, ainsi que de nombreux blessés et plus généralement la criminalisation de la protestation et la militarisation de la zone.

Le soutien de France Libertés

France Libertés soutient la lutte contre le projet Conga depuis plus de 5 ans et avait organisé plusieurs actions pour donner la parole à ces résistants péruviens et mettre en lumière les enjeux de leur combat. En septembre 2013, à Genève, nous avions ainsi organisé un side-event à l’occasion la réunion du 24e Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Milton Sanchez, président de la plateforme interinstitutionnelle de Celendín au Pérou, avait  pu présenter l’impact humain du projet minier Conga à Cajamarca et dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux. En mai 2014, c’est Máxima Acuña de Chaupe qui prenait la parole dans une conférence de presse organisée dans nos locaux. Par ailleurs, plusieurs déclarations (en février 2014 et en mars 2015) de France Libertés aux Nations Unies sont venues appuyer les revendications des communautés de Cajamarca.

France Libertés salue donc cette récompense qui vient couronner la lutte de longue durée de Maxima et de sa famille, et qui met plus largement en valeur le combat des communautés de Cajamarca contre le projet Conga. Cependant, nous rappelons que l’obtention d’un prix, malgré la notoriété et le soutien massif qu’il apporte, ne suffit pas à protéger un défenseur des droits humains et de l’environnement menacé comme l’est Maxima. L’assassinat de la leader hondurienne  Berta Caceres en début d’année, elle-même titulaire du prix Goldman, nous le prouve. Nous appelons donc à rester vigilant sur les atteintes aux droits humains portées contre Maxima et ses proches ainsi que sur la situation critique des communautés de Cajamarca.

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