Leonard Peltier, prisonnier politique amérindien, est soutenu par la Fondation France Libertés depuis de nombreuses années. Danielle Mitterrand avait rendu visite à Leonard Peltier en 1999 lorsqu’il était incarcéré au pénitencier fédéral de Leavenworth aux USA.

Le 6 février 2018, il débute sa 43ème année d’emprisonnement. Nous publions sa déclaration, traduite par Aurélie Journée du CSIA-Nitassinan / Groupe de soutien à Leonard Peltier – France.

Chère famille, chers amis et soutiens,

Je suis bouleversé car aujourd’hui débute ma 43ème année d’emprisonnement.

J’ai eu de si grands espoirs durant ces années de pouvoir être libéré et retourner auprès de ma famille dans le Dakota du Nord. Et en 2018 je suis toujours ici à lutter pour ma liberté par rapport à ce qu’il s’est passé en 1973.

Je ne veux pas paraître ingrat auprès de mes soutiens qui sont restés à mes côtés durant toutes ces années. Je vous aime de tout mon cœur et vous respecte et vous remercie pour l’amour et le respect que vous m’avez donnés.

Mais la vérité est que je suis fatigué et que souvent mes maladies me font souffrir avec peu de répit pendant des jours à chaque fois. Je viens d’avoir une opération du cœur et j’ai d’autres problèmes de santé qui nécessitent d’être traités : mon anévrisme de l’aorte, qui pourrait éclater à tout moment, ma prostate et mon arthrose de la hanche et des genoux.

Je ne pense pas avoir dix années de plus, et ce que j’ai comme temps je voudrais le passer avec ma famille. Rien ne pourrait m’apporter plus de bonheur que de pouvoir serrer dans mes bras mes enfants, mes petits-enfants, et mes arrière-petits-enfants.

Je ne suis pas venu en prison pour devenir un prisonnier politique. J’ai fait partie de la résistance autochtone depuis l’âge de neuf ans. Ma sœur, ma cousine et moi avons été kidnappés et emmenés dans une école résidentielle. Cet incident et la façon avec laquelle il affecte ma cousine Pauline, a un énorme impact sur moi. Ce même sentiment me hante alors que je repense à mes 42 dernières années de détention arbitraire.

La détention arbitraire me fait le même effet que lorsque j’ai entendu la fausse déclaration créée de toute pièce du F.B.I. sur la présence de Myrtle Poor Bear à Oglala la nuit de la fusillade.

Un document fabriqué utilisé pour m’extrader illégalement du Canada en 1976.

Je sais que vous savez que les dossiers du F.B.I. sont plein d’informations qui prouvent mon innocence. Plusieurs de ces dossiers sont d’ailleurs toujours refusés à mon équipe juridique.

Durant mon pourvoi avant la Cour d’appel fédérale “8th Circuit”, l’ancien Procureur, Lynn Crooks, a dit au Juge Heany : « Votre honneur, nous ne savons pas qui a tué ces agents. Davantage, nous ne savons pas quelle a été la participation là-dedans, s’il y en a eu une, de Monsieur Peltier ».

Cette déclaration me disculpe, et j’aurais dû être relâché. Mais je suis là, 43 ans plus tard à continuer de lutter pour ma liberté !

J’ai plaidé mon innocence depuis si longtemps maintenant, dans tant de cours de justice, à travers tant de déclarations émises par le Comité de Défense International de Leonard Peltier, que je ne vais pas débattre ici. Mais je vais répéter que JE N’AI PAS TUÉ CES AGENTS !

Tout de suite j’ai besoin que mes soutiens ici aux États-Unis et à travers le monde m’aident. Nous avons besoin de dons grands ou petits pour aider à payer mon équipe juridique afin qu’elle recherche ce qui me conduira de nouveau devant une cour ou me rapprochera de chez moi ou d’un communiqué compatissant avec mon pauvre état de santé et mon âge. S’il-vous-plaît aidez moi à rentrer à la maison, aidez moi à gagner ma liberté !

Une nouvelle pétition que mes frères et sœurs Canadien.ne.s font circuler internationalement sera attaché à ma lettre. S’il-vous-plaît téléchargez là et emmenez la avec vous à votre travail, école ou lieu de culte. Obtenez autant de signatures que possible, un MILLION serait génial !

Je suis un guerrier depuis l’âge de neuf ans. En 1973 je suis resté un guerrier. Je suis là depuis trop longtemps. Le début de ma 43ème année ajouté à près de 20 ans de remise de peine pour bonne conduite, fait plus de 60 ans passés derrière les barreaux.

J’ai besoin de votre aide. J’ai besoin de votre aide aujourd’hui ! Une journée en prison pour moi est une vie entière pour ceux qui sont à l’extérieur car je suis isolé du monde.

Je reste fort uniquement grâce à votre soutien, à travers vos prières, votre activisme et vos dons qui maintiennent ma défense en vie.

Dans l’Esprit de Crazy Horse

Doksha (A plus tard),

Leonard Peltier

Je signe la pétition

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