Ce Pacific Climate Treaty a été accueilli très positivement par les dirigeants comme un instrument de mise en œuvre dans la région de l'Accord de Paris signé en décembre 2015 à l’issue de la COP21. Le contenu du modèle du traité sera proposé à des consultations, avec un rapport prévu pour le 5e PIDF l’an prochain pour une possible adoption.

Interrogé par le Guardian, Mehandra Kumar, conseiller sur le changement climatique au PIDF, a affirmé que l’adoption était peu probable pour 2017, le délai étant trop court, mais qu’elle était tout à fait possible pour 2018.

Rédigé par une coalition d’ONG nommée le Réseau Action Climat Pacifique (PICAN), le traité modèle propose que les parties signataires s’engagent à bannir les énergies fossiles et développer les énergies renouvelables. Les parties seraient ainsi contraintes de désapprouver tout nouveau projet de mine de charbon et autres projets d’exploitation d’énergies fossiles et de ne fournir aucune subvention ni aide à cette activité ainsi qu’à la consommation des énergies fossiles. Il stipule que les parties doivent garantir un « accès universel » à l’énergie propre d’ici 2030 et qu’une structure de gestion des énergies renouvelables dans le Pacifique serait mise en place pour poursuivre cet objectif. Un fond de compensation permettant de venir en aide aux communautés affectées par le changement climatique est également prévu par ce traité, qui aborde également le sujet des migrations dues au changement climatique.

5019.jpg Le PICAN a affirmé dans leur présentation du texte : « Un tel traité, qui serait mis en place en collaboration avec le PIDF et la société civile, enverrait un signal puissant aux marchés, gouvernements et sociétés civiles dans le monde entier qui annoncerait que la fin des énergies fossiles est proche, que les habitants des îles du Pacifique agissent non en victimes du changement climatique mais en acteurs du changement. (…) Etant donné qu’il n’existe actuellement aucun traité qui interdise ou prévoit l’abandon progressif des énergies fossiles, le Traité instaurerait un exemple pionnier pour le reste du monde. »

Si ce texte était adopté, ce serait ainsi le premier traité international reconnaissant la fin des énergies fossiles comme souhaitable et programmant leur abandon et interdiction.

iles-pacifique-traite-energies-fossiles-renouvelables-02.jpg Il est important de souligner le rôle pionnier des nations insulaires du Pacifique et de leurs sociétés civiles (exception faite de l’Australie et de la Nouvelle Zélande) dans la lutte contre le changement climatique. Les îles Fidji, qui sont par ailleurs à la tête de la création du Pacific Islands Development Forum (PIDF) en 2013, sont le premier pays à avoir ratifié l'Accord de Paris sur le climat conclu en décembre à l'issue de la COP21, le vendredi 12 février dernier. Le Parlement des Fidji a voté à l'unanimité en faveur du texte. 

Cet archipel, qui fait partie des États insulaires particulièrement exposés aux conséquences du réchauffement climatique, avait pris l'engagement en amont de la COP21 de produire 100 % de son électricité grâce à des énergies renouvelables à l'horizon 2030. À cette date, le pays veut aussi avoir diminué ces émissions de CO2 de 30 %. Afin que les accords de Paris entrent en vigueur au niveau international, nous rappelons que 55 pays, sur les 196 signataires du texte, doivent le ratifier.

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