Crédit : www.protecting-defenders.org/fr/portrait/berta-caceres

Cofondatrice du Conseil national des organisations populaires et autochtones du Honduras créé en 1993 (COPINH), elle a mené un grand nombre de manifestations pour défendre l’environnement en s’opposant à la construction de projets hydroéléctriques en Honduras. Elle avait reçu pour son combat le prestigieux prix Goldman Environmental Prize en 2015. Elle a joué un rôle primordial dans la lutte du peuple indigène Lenca du Honduras, dont elle était leader, contre la construction d’un grand barrage sur le Rio Blanco, dont les conséquences environnementales et sociales auraient été dramatiques. Berta Caceres avait aussi été candidate à la vice-présidence au cours des élections nationales qui avaient précédé le coup d’Etat en juin 2009 qui avait renversé le président élu Manuel Zelaya.

Son implication politique, notamment dans les luttes socio-environnementales des peuples indigènes lui avaient déjà valu de nombreuses menaces de mort et de violence à son encontre et à celle de sa famille. La semaine précédant sa mort, elle avait donné une conférence de presse dans laquelle  elle  dénonçait l’assassinat de quatre dirigeants de sa communauté Lenca. Berta Cáceres était reconnue comme une militante menacée par l’ONU.

Le Honduras a été classé comme le pays le plus dangereux pour les militants de l’environnement et de la terre  avec le Brésil et le Pérou selon un rapport publié par l’ONG  Global Witness. Selon ce rapport, entre 2002 et 2014, 111 assassinats liés à des défenseurs de l’environnement auraient eu lieu.  

Cette violence s’enracine dans un contexte d’économie extractive encouragée par l’Etat, particulièrement depuis le coup d’Etat, avec des projets de barrages hydroélectriques et de mines à ciel ouvert qui se multiplient, autant de projets contre lesquelles se battait Berta Cáceres.

La Fondation France Libertés condamne fermement ce meurtre politique que la version officielle tente de camoufler en cambriolage. Cet évènement tragique rappelle encore une fois qu’il est urgent de protéger les défenseurs des droits de l’Homme et de l’environnement dans leurs luttes.

Il est capital qu’une enquête approfondie et impartiale soit rapidement menée pour identifier les coupables et leurs potentiels commanditaires et qu’une condamnation adéquate s’ensuive. La violence endémique qui sévit au Honduras ne doit pas dissimuler les raisons politiques de la mort d’une militante qui gênait un peu trop.

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