Inondation et secheresseDes Amériques à l’Asie, en passant par l’Europe et l’Afrique, les pays touchés par des précipitations intenses ou des canicules sont nombreux. D’un bout à l’autre du globe ou au sein même d’un pays, les épisodes climatiques sont de plus en plus extrêmes.

Des phénomènes pourtant opposés se retrouvent liés, engendrés par les impacts de l’activité humaine sur le cycle du carbone et le cycle de l’eau. Les conséquences des perturbations sur le cycle de l’eau sont directement visibles : vagues de chaleurs, feux de forêt, inondations… Ces phénomènes trouvent plusieurs causes : l’intensification des processus du cycle de l’eau induit par le réchauffement climatique, mais également la modification de ce cycle par les activités humaines.

 

Jet streamSelon une étude publiée dans la revue Nature, l’une des explications provient de la perturbation des jet-streams. Ces courants atmosphériques de haute altitude sont conditionnés par les différences de température entre les pôles et l’équateur. Or, depuis plusieurs décennies (et notamment les années 1970), ces écarts se réduisent. Les espaces terrestres et marins connaissent une hausse de leurs températures moyennes et le pôle nord voit ses glaces diminuer à grande vitesse. La tendance à l’égalisation des températures ralentit les masses d’air du jet-stream.

Cela se traduit au niveau terrestre par un renforcement des évènements climatiques, mais aussi par le ralentissement de leurs déplacements : les épisodes de précipitations et les vagues de chaleurs sont plus intenses et apparaissent plus longs.  Le réchauffement climatique a ainsi tendance à accélérer le cycle de l’eau. L’augmentation des températures décuple les processus (évapotranspiration, condensation) et l’eau rejoint beaucoup plus rapidement l’atmosphère. Cela génère, comme on a pu l’observer dernièrement, des cyclones d’autant plus menaçants et des précipitations violentes.

Juan Davila
Évaporation – Juan Davila

Mais les liens entre Eau et Climat ne s’arrêtent pas là. Les activités humaines modifient l’environnement : «Selon l’ONG Global Forest Watch (GFW), l’ensemble des grands bassins versants de la planète ont perdu 22 % de leur couverture végétale au cours de ces seules 14 dernières années ». Ce qui a pour conséquence directe d’augmenter la vulnérabilité des territoires, mais également de perturber le cycle local de l’eau. La disparition des espaces naturels, l’artificialisation et la dégradation des sols modifient les processus naturels, l’eau est de moins en moins infiltrée et stockée naturellement (lac, rivières, nappes souterraines, sol), et retourne rapidement aux océans et dans l’atmosphère.

Le manque d’eau sur les continents limite la thermorégulation naturelle de ces espaces, ce qui favorise un réchauffement local et durable. Les perturbations causées à la fois sur le climat et sur le cycle de l’eau s’additionnent, modifiant la fréquence et l’intensité des phénomènes climatiques extrêmes (précipitation et sècheresse).

Peter Hershey
Infiltration – Peter Hershey

Si le changement climatique modifie les transferts d’eau sur Terre, la modification de l’équilibre du cycle local de l’eau par des activités humaines impacte tout autant les microclimats. En perturbant les processus naturels du cycle de l’eau, l’Homme met à mal son environnement en créé des territoires moins résilients tout en favorisant des évènements climatiques plus violents.

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