Du 25 au 27 mars 2022 nous vous invitons à venir dans le marais poitevin afficher votre solidarité avec les collectifs et habitant.e.s mobilisés contre les projets de bassines, symboles d’une fuite en avant du modèle agricole écocidaire. Ensemble (les organisateurs et organisatrices espèrent réunir 10 000 personnes) nous fêteront l’arrivée du printemps et porteront un autre projet de territoire, une autre relation à l’eau et in fine au vivant. Au programme : manifestation, fêtes, assemblées, spectacles et randos naturalistes à La Rochénard (79) en bordure du marais poitevin !

 

Un printemps maraîchin contre les méga-bassines : répondez présent.e.s à l’appel !

Pour la Fondation Danielle Mitterrand cette mobilisation, comme les précédentes, participe de la résistance nécessaire aux fausses solutions proposées pour faire face au changement climatique et aux problématiques d’accès à l’eau.

Retrouvez l’appel à mobilisation : « Un printemps maraîchin contre les méga-bassines »

Voir la vidéo de l’appel :

Les bassines : des fausses solutions face au changement climatique

Les acteurs qui défendent les bassines s’appuient sur le changement climatique : pour faire face aux sécheresses et manque d’eau en été, ces bassines viendraient résoudre le problème. Pour la Fondation et de nombreuses autres associations mais aussi experts scientifiques, c’est tout simplement un mensonge. Les bassines en prélevant dans les nappes en hiver viennent rompre le cycle naturel de l’eau et participent de la difficulté des eaux à recharger les nappes pour alimenter les écosystèmes. Elles ne peuvent plus pleinement jouer leur rôle en hiver. C’est en fait une aberration que de mettre de telles quantités d’eau du sous-sol à la surface et les laisser s’exposer à des pollutions et une évaporation conséquente.

Il est indéniable que les eaux sont particulièrement touchées par le changement climatique. D’ailleurs le récent rapport du GIEC rappelait que l’Europe va faire face à de plus en plus de pénuries d’eau. Toutefois, croire que s’accaparer de l’eau en hiver dans des nappes déjà trop basses, va résoudre le problème est un véritable leurre. Avec cette proposition de bassines, on part des quantités d’eau nécessaires pour les cultures actuelles et  non des volumes d’eau disponibles dans le milieu qu’on peut utiliser sans mettre à mal les équilibres fragiles du cycle de l’eau. Plutôt que de s’attaquer à la racine du problème, ces bassines viennent l’aggraver, le tout en privatisant en plus un élément vital !

Cet accaparement de l’eau pour le profit de quelques-uns (quelques agriculteurs majoritairement des céréaliers en agriculture ‘conventionnelles’ seront raccordés) est en réalité une fuite en avant du modèle agricole actuel. Ces bassines sont un mirage de plus vendu aux agriculteurs et populations pour perpétuer un modèle agricole à bout de souffle qui épuise les sols, pollue les écosystèmes et eaux, empoisonne les agriculteurs, le tout aidé de fonds publics. La Fondation l’affirme clairement : plutôt que de mettre ce modèle agricole sous perfusion, il est grand temps d’opérer une métamorphose ! Aller vers des cultures destinées aux territoires où elles sont produites pour tendre vers plus d’autonomie alimentaire, aller vers des pratiques agricoles respectueuses du vivant et les moins consommatrices d’eau possible, aller vers des semences les plus adaptées aux sols pour mieux affronter les effets du changement climatiques, etc.

Ces projets de bassines commencent à être sur la table de plus en plus de régions françaises pour anticiper les difficultés qui ne vont que s’accentuer pour l’irrigation des cultures. Résister à ces bassines dans le marais poitevin est essentiel avant que ce modèle ne s’étende partout. Nous sommes véritablement frappés de voir se multiplier des fausses solutions qui toujours visent à utiliser les cadres de pensée à l’origine même des problèmes actuels ! Comme le disait Einstein : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ». C’est d’ailleurs un des messages clés des acteurs et actrices mobilisés dans le marais poitevin car au-delà de la résistance qu’ils mènent pour empêcher les bassines de voir le jour, il y a tout un volet de propositions concrètes pour le territoire.

EAUtrement

Le printemps maraichin sera assez emblématique de ce double volet ‘résistance’ et ‘alternative’. L’Assemblée Habiter et cultiver les bassins versants : Vers quelles pratiques agricoles et partage de l’eau ? du dimanche permettra de donner la parole à des collectifs et syndicats paysans, habitants.es du Marais poitevin et d’ailleurs, naturalistes et scientifiques pour justement approfondir cette recherche de rupture avec le modèle agricole et les voies possibles vers d’autres manières d’habiter nos territoires et d’en prendre soin. La question de la relation à l’eau sera aussi centrale en travaillant sur l’idée d’assemblée des rivières pour constituer des comités de défense de l’eau et construire « EAUtrement » pour reprendre leur terme. Il s’agit bien de lutter contre les bassines et leur monde donc. Pour reprendre ce que nous disait Julien Leguet « La Zone à défendre ce ne sont pas que les zones des bassines c’est l’ensemble du bassin versant ».

Ce qui se joue dans le marais poitevin c’est une guerre de l’eau. C’est l’affrontement de deux manières de pensée et d’appréhender le monde. Il est aujourd’hui vital, au sens premier du terme, de prendre soin des écosystèmes aquatiques qui soutiennent toute forme de vie. Il est aujourd’hui vital de mettre fin à une relation à l’eau extractiviste, utilitariste et anthropocentrée. Il faut réaffirmer haut et fort que l’eau est un droit humain et un commun du vivant et que par conséquent elle ne peut être privatisée, marchandisée et encore moins financiarisée.

Alors que cette semaine nous célébrons la journée mondiale de l’eau (22 mars), s’ouvre également le Forum alternatif mondial de l’eau (FAME) à Dakar et partout dans le monde grâce aux activités en virtuel. Tous les trois ans ces FAME sont des moments importants d’informations, de sensibilisations et de rencontres pour mettre en œuvre des solidarités transnationales entre les luttes pour l’eau et les nombreuses expérimentations de réappropriation du pouvoir et des savoirs sur l’eau qui ensemble construisent une autre relation à l’eau. Les FAME sont une alternative concrète et de résistance au Forum mondial de l’eau (FME) investi par les États, multinationales, agences internationales et quelques ONG qui portent une approche marchande, techniciste et utilitariste de l’eau. Cette année le sujet choisi par le forum dit officiel (FME) est justement la sécurité de l’eau, une manière d’acter certes la gravité de la situation mais c’est surtout l’occasion de continuer de porter des adaptations néolibérales au changement climatique et de mettre les acteurs privés en position de sauveurs.

Participer au FAME participe du maillage nécessaire des luttes partout dans le monde pour l’eau. C’est d’ailleurs ce que fera la Fondation Danielle Mitterrand en proposant un webinaire ce jeudi 24 mars à 18h « Batailles pour la Défense des Eaux. En finir avec l’accaparement, la surexploitation et la pollution»  Les luttes pour l’eau sont des batailles politiques avant tout !

Ensemble faisons advenir d’autres relations à l’eau.
Ensemble construisons des solidarités entre les luttes pour le vivant.
Ensemble prenons soin des eaux.
L’eau pour la vie, pas pour le profit.

Marion VEBER
Chargée de programme « Vivant et Commun(s) »

 

Toutes les informations pratiques sur le printemps maraichin à retrouver ici :

https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/un-printemps-maraichin-contre-les-megabassines

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