La 23ème Conférence des Parties s’est ouverte il y a maintenant plus d’une semaine à Bonn, en Allemagne, sous la présidence des Fidji.

Ses principaux objectifs visent à :

  • définir des règles de fonctionnement et d’application de l’Accord de Paris,
  • mettre en œuvre le Dialogue de Talanoa (dialogue de facilitation pour les efforts collectifs d’atténuation d’émissions de GES),
  • favoriser un rapport de confiance entre pays développés et pays en voie de développement

 

Dans la « Bula Zone », lieu de négociation de la COP23 regroupant représentants des Etats, négociateurs et observateurs,  les discussions s’avèrent constructives mais ankylosées par des tensions d’ordre financier. Alors même que cette COP met l’accent sur la situation alarmante des Etats insulaires, les pays riches, responsables d’une grande majorité des émissions de GES, freinent le déblocage de fonds pour l’adaptation des pays les plus vulnérables. Le débat autour de la dette écologique met en péril les relations de confiance internationales.

Au-delà des négociations, l’organisation des COP regroupe un large panel de la société civile. C’est l’occasion pour ONG, OSC, entreprises et grand public de favoriser les échanges d’expériences, mettre en avant les alternatives et actions concrètes menées partout dans le monde face au changement climatique. La Bonn Zone, dédiée à ces échanges, n’a pourtant pas permis d’ébullition d’alternatives en raison de la faible représentativité des ONG, de l’absence de dialogues réellement constructifs et du manque total de solutions concrètes et reproductibles. France Libertés, présente et mobilisée pour le « Water Action Day » organisé le vendredi 10 novembre, regrette le manque de transversalité de cette COP. Centrée sur la réduction des GES, la COP donne le sentiment de dialogues cloisonnés, peu enclins à envisager la lutte contre le changement climatique dans sa globalité et notamment en incluant le rôle du cycle de l’eau dans le climat. Les discours peu diversifiés, mais surtout le manque crucial de mise en avant des alternatives visant à préserver notre planète, mettent finalement en péril les droits humains fondamentaux.

Le droit à l’eau en constitue la base car il relève de la survie de chacun. Primordial, il engage bien d’autres droits élémentaires : le droit de vivre dignement, le droit à l’alimentation et donc à l’agriculture, et détermine l’autonomie et l’indépendance des peuples. Pourtant, le droit à l’eau n’est actuellement pas pris en compte dans les débats.

Ces alternatives existent et leurs résultats parlent d’eux-mêmes. Préserver le cycle de l’eau, voire le rétablir, est un premier pas dans la lutte contre le changement climatique et nécessite plus d’actions que de négociations. Il est indispensable de montrer qu’en parallèle des négociations, il est possible d’agir contre le changement climatique. Au vue des enjeux du dérèglement climatique, chaque citoyen peut se saisir de solutions concrètes, existants à toute échelle.

pirogue COP23
Pirogue des îles Fiji exposée à Bonn

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