Oui, Christiane Taubira a absolument raison et notre action au sein de la société civile doit être à la hauteur de cette ambition. Cette réalité de l’engagement est notre responsabilité alors que la situation que nous traversons risque de déboucher sur une période sombre.


Agir avant qu’il ne soit trop tard


Avec la force de l’exemple, notre combat contre les coupures d’eau illégales nous montre combien notre société perd de vue l’essentiel sous prétexte de vouloir garantir une activité économique souvent au profit de quelques multinationales. La croissance se fait au service des plus riches et la violence reste pour les autres.


Si l’action politique et sociale n’est plus capable de regarder cette violence qu’elle crée pour des raisons économiques, c’est qu’il est plus que temps de la reprendre en main. L’exemple du modèle français de l’eau démontre à la fois la fin du modèle économique de l’eau tel qu’il a prospéré depuis plus de 100 ans mais aussi l’incapacité des acteurs de l’eau à se remettre en question et à s’interroger pour réinventer un modèle économique nouveau, qui soit à l’écoute de  l’intérêt général  pour que vive le service public de l’eau.


Pourtant, plutôt que de réinventer l’accès à l’eau pour tous dans de nouvelles conditions qui puissent garantir à la fois la pérennité du système et l’accès à l’eau pour tous, les acteurs de l’eau s’accrochent, contre la loi, à la possibilité de couper l’eau aux plus démunis et ainsi démontrent leur violence et leur incapacité à regarder la réalité au-delà de leur intérêt économique immédiat.


Le pire, c’est qu’ils sont appuyés par un ensemble d’élus locaux qui, eux aussi, ne regardent pas la réalité crue mais se satisfont des discours et de procédures soit disant vertueuses. La théorie est belle alors que la pratique est violente. Pour nous obliger à accepter cette violence, on nous fait peur grâce à la théorie bien connue qui met en avant le risque pour les emplois et la rentabilité économique, le fait que les Français refusent de payer leur facture d’eau. C’est faux et irrespectueux de tous ceux qui se battent pour vivre ou survivre mais marquent un point d’honneur à payer et ne demandent souvent qu’un étalement de leur dette.


Mais que se passerait il si nous changions la donne ? Que se passerait il si nous acceptions la loi telle qu’elle est écrite et que nous réfléchissions le système globalement et non plus petitement au détriment des plus pauvres ?


Rien ne peut empêcher un pays comme le nôtre de mettre en œuvre son service public de l’eau.


La preuve est simple : les petites régies publiques qui composent la majorité en nombre des distributeurs d’eau mènent leur service public dans le respect des usagers. Seuls les grands acteurs devenus géants de l’eau ont perdu de vue le contact avec leurs « clients » qui ne sont plus pour eux des « usagers » mais des « numéros » sur une facture. Ils disent eux-mêmes qu’ils ne peuvent pas connaitre la situation de leurs « usagers » lorsque nous leur partageons des situations insupportables qu’ils font eux même subir à leurs « clients ».


Stop aux usagers devenu client devenu numéro !


Par ces temps de grand vent et afin de ne pas laisser la flamme de notre service public s’éteindre, retrouvons de la proximité avec les usagers de notre service public de l’eau et faisons cesser la violence des coupures illégales.
De notre point de vue, la solution est simple : soit les multinationales et les grandes régies publiques sont capables de renouer le lien social et humain indispensable à leurs clients afin qu’ils redeviennent des usagers du service public à 100% soit il faut leur retirer ce service public pour qu’il soit mis en œuvre à une échelle telle qu’il puisse appliqué dans le respect de chaque enfant, de chaque femme et de chaque homme dans notre pays.


Cessons de construire plus de violence sous prétexte de compétitivité et coopérons pour que les services essentiels et les biens communs soient partagés avec tous quelle que soit la situation. La France, notre beau pays, le mérite comme tous ses citoyens !

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