France Libertés agit dans le camp de déplacés de Baharka au Kurdistan irakien. Plongée au cœur d’un lieu où chacun cherche à se reconstruire.

A quelques kilomètres d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, se dresse un champ de tentes. Ici vivent 900 familles, soit environ 4500 personnes (dont plus de 2000 enfants) qui ont fuient Mossoul lorsque Daesh a envahi la ville en 2014. Le camp de Baharka a été ouvert dans la foulée pour les accueillir.

Ces personnes n’ont pas traversé de frontière internationale pour demander asile dans un autre pays. Au sens du droit international, ils ne sont donc pas des réfugiés, mais des « personnes déplacées internes » (IDP en anglais). A Baharka, ces irakiens sont issus de multiples minorités (Shabaks, Arabes sunnites, Yezidis, Kurdes), ce qui amène l’équipe qui gère le camp à en parler comme d’un « petit Irak ».

L’histoire complexe du peuple Kurde l’a doté d’une grande tradition d’accueil. C’est l’une des raisons qui explique les conditions de vie supportables dans lesquelles vivent les habitants de Baharka. Chaque tente dispose d’un accès à l’eau et de quelques heures d’électricité par jour. Des sanitaires collectifs sont mis à leur disposition. Une petite somme leur est versée pour subvenir aux besoins de base ; certains ont pu trouver un travail à Erbil pour compléter leurs revenus et font l’aller-retour chaque jour depuis le camp.

Camp Bakarha

Une école primaire et une école secondaire permettent l’accès à un embryon de scolarité, encore insuffisante car la population du camp est telle – le camp est plein et n’accueille plus personne – qu’un système de créneaux a été mis en place pour que chaque enfant puisse passer quelques heures par jour sur les bancs de l’école.

Un centre pédagogique est né pour combler ce manque. Géré par une ONG kurde, Public Aid Organization (PAO), il accueille tous les enfants du camp qui se présentent. Des animateurs, formés et accompagnés par la Fondation France Libertés et la Fédération Léo Lagrange pendant onze mois, organisent des activités constructives grâce aux méthodes de l’éducation non-formelle.

Plus de 300 enfants et adolescents de 4 à 17 ans viennent chaque jour dans le centre, accueillis par 15 animateurs et volontaires. Les activités sont organisés en deux créneaux, 9h-12h et 13h-15h.

Grâce au dessin, au sport, à la musique, aux jeux collectifs abordées avec de réels objectifs pédagogiques, les enfants et les jeunes peuvent s’exprimer, coopérer et se reconstruire. Au fil des jours, ils parviennent à mieux se concentrer, à vivre plus facilement avec les autres communautés, et à se projeter à nouveau.

Erbil Kurdistan irajien Baharka camp

Mossoul a été libérée de Daesh en 2017. Certaines familles ont tenté d’y retourner, mais sont revenues vivre à Baharka. La ville est toujours en ruines, sans services pour l’alimentation en eau, en électricité, et pas encore totalement sécurisée. La fermeture du camp n’est pas encore programmée, elle dépendra de l’évolution de la situation politique en Irak. Dans le futur de Baharka se cache l’avenir du pays tout entier.

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