Les deux pôles, Nord et Sud, ont deux histoires bien différentes : si l’Arctique connait une disparition de ses glaces d’étés très forte depuis les années 1970, ce n’est pas le cas de la banquise en Antarctique.

Observée depuis seulement une quarantaine d’année par satellite, la surface de la banquise avait plutôt tendance à grandir, jusqu’à septembre 2016. A cette date, elle a souffert d’une diminution brutale, à tel point qu’en mars 2017 sa surface était avait diminué de 27% par rapport à son niveau moyen. Ces variations sont très imprévisibles et la connaissance des différentes interactions entre les océans, l’atmosphère et la banquise ont largement besoin d’être renforcées (les données actuelles ayant été récoltées dans un espace-temps trop court). Mais le manque de données et les connaissances actuelles ne permettent pas aujourd’hui d’expliquer l’ensemble des interactions, ni dans quelle mesure les activités humaines ont un impact sur ces relations.

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Pourtant l’Antarctique possède une place cruciale dans les cycles naturels, de par le rôle de l’océan du Sud dans les courants marins globaux et la circulation des océans. Il existe aussi de nombreuses interactions entre la surface de la banquise et l’atmosphère (impact sur les échanges de chaleur et de gaz), et entre la banquise et le climat (reflet de la lumière du soleil induisant ou non la formation de nuages et donc, de précipitations). Ces phénomènes climatiques et atmosphériques ont à leur tour un impact sur la masse de la calotte glacière, qui influence le niveau des mers et sa salinité. Ces effets jouent un rôle sur les courants marins et la circulation des océans, et perturbent les écosystèmes en place qui dépendent essentiellement des variations de la surface de l’Antarctique.

En 2017, la zone de la banquise ayant le plus réduit se situait au sud-est de l’océan Pacifique, une région extrêmement liée aux climats tropicaux, et notamment au phénomène El Niño. Cela met en évidence un lien existant entre la banquise et les conditions climatiques, pourtant éloignées des pôles.

Au regard de ces données récentes et des observations émises concernant les phénomènes climatiques, il est donc aujourd’hui possible pour les scientifiques d’émettre des suppositions et d’approfondir les connaissances sur l’influence du temps, des températures, des courants marins et atmosphériques sur l’état de la banquise.

Il est en revanche encore très difficile de les caractériser et d’en évaluer la mesure : la construction de modèles fiables simulant les variations saisonnières et régionales de la banquise sont en effet extrêmement complexifiées par les multiples facteurs impliqués et par la présence de nombreux biais, d’autant plus marqués que la relation entre climat et banquise est puissante.

Il est impératif de suivre les variations de la taille de la banquise et de développer les connaissances sur les liens climat – atmosphère – océan – banquise. Pour cela il est indispensable d’avoir une coordination internationale ciblée entre les différents projets de recherches et domaines scientifiques étudiant le climat global et les régions polaires.

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