En 2015, la rupture du barrage de déchets miniers de Mariana (Minas Gerais) occasionnait la mort de 19 personnes, ainsi que la pollution massive et durable des eaux du Rio Doce. Cet événement a impacté gravement les vies des riverains et la biodiversité locale.

Krenak - Rio Doce - Minas Gerais

Pourtant, deux ans et quatre mois après la plus grande catastrophe minière du monde, unanimement reconnue comme le « Fukushima brésilien » par la communauté internationale, la compagnie Samarco, responsable du crime de Mariana, demeure impunie tandis que les victimes vivent toujours dans des conditions extrêmement précaires, dans la négation la plus totale de leurs droits les plus fondamentaux.

L’impunité des industries extractives est entretenue par la connivence et la complicité des pouvoirs publics. Elle encourage les comportements prédateurs des compagnies, qui n’hésitent pas à agir dans l’illégalité.

Le géant norvégien de l’aluminium Hydro Alunorte, détenu majoritairement par le gouvernement de Norvège, a été épinglé en février dernier pour ses pratiques illégales en Amazonie. Afin de réguler le volume de déchets miniers contenu par son barrage, Hydro a construit une canalisation destinée à déverser clandestinement les déchets toxiques dans les sources du Rio Muripi. De fortes pluies dans la région ont malgré tout provoqué le débordement de plusieurs bassins, polluant aux métaux lourds les cours d’eau alentours. Hydro a rapidement nié toute responsabilité, au mépris des preuves incontestables de sa culpabilité.

Loin d’être de simples incidents marginaux comme les compagnies minières aiment à le laisser entendre, les épisodes de pollution massive découlant de leurs activités sont des crimes, commis de façon systémique par les firmes, toujours sur le même mode opératoire.

Un rapport édifiant, rendu public il y a peu mais produit par Samaraco six mois avant le crime de Mariana, ne laisse aucun doute sur les risques de rupture du barrage. Ce document témoigne de l’indifférence de la firme face aux dommages qu’elle pourrait engendrer.

Les entreprises continuent leurs activités aveuglément, sans modifier leurs pratiques pourtant de plus en plus dénoncées. Le 12 mars, un mineroduc (tuyau) s’est rompu dans la région de Ponta Nova (Minas Gerais). A proximité du cours du Rio Doce, la rupture a d’ores et déjà entrainé la coupure de l’alimentation en eau de la zone (voir en vidéo).

Mineroduc

C’est pour dénoncer ce système extractiviste, qui n’hésite pas à sacrifier la santé et les droits humains sur l’autel du profit, que France Libertés et le peuple Krenak s’associent à l’occasion du Forum Social Mondial de Salvador de Bahia et du Forum Alternatif Mondial de l’Eau de Brasilia.

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