Rendre l’eau à la terre pour restaurer le climat

La relation entre le cycle de l’eau et les dérèglements climatiques est un phénomène souvent méconnu et sous-estimé. Or, les activités humaines sont responsables de nombreuses perturbations du cycle de l’eau qui accentuent les dérèglements climatiques.

KATOSI WOMEN DEVELOPMENT TRUST (KWDT)La Fondation Danielle Mitterrand s’engage à soutenir des projets de terrain partout dans le monde, pour rendre l’eau à la terre et restaurer le climat. Nous soutenons des projets qui permettent aux communautés locales d’être actrices d’un changement positif, afin de préserver leur accès à l’eau et leurs modes de vie.

Dans le cadre de notre programme Eau et Climat, nous avons soutenu l’association Katosi Women Development Trust (KWDT) sur un projet en Ouganda. 

     

  • Lac Victoria, OugandaLieu : région du Lac Victoria, en Ouganda
  • Bénéficiaires :  400 femmes organisées en 26 groupes, au sein d’une communauté de pêcheurs de 3 000 personnes.
  • Durée : 18 mois
  • Partenaire local : Katosi Women Development Trust
  • Objectif principal : Renforcer les capacités de la communauté à défendre son droit à l’eau et développer la résilience face aux changements climatiques.

 

Un droit à l’eau menacé par le changement climatique

Le projet que nous avons soutenu se situe dans la région du Lac Victoria en Ouganda. Les communautés de pêcheurs qui vivent aux abords du lac sont affectées par des épisodes de sécheresses de plus en plus intenses. Les sources d’eau à ciel ouvert s’assèchent rapidement tandis que les puits d’eau se tarissent. Or la population est majoritairement dépendante des eaux de surface et des puits. Les changements climatiques constituent ainsi une menace pour le droit à l’eau de la communauté.

Face à cette situation, le projet soutenu avait trois objectifs :

  • Améliorer l’accès à l’eau de la communauté
  • Renforcer les capacités des femmes à gérer durablement les sources d’eau
  • Atténuer les effets du changement climatique
Assemblée des femmes

 

Renforcement des capacités

Les femmes des communautés rurales sont au cœur de ce projet participatif. Réparties en 26 assemblées communautaires, les femmes ont été formées aux pratiques d’atténuation et d’adaptation au dérèglement climatique et au lien entre cycle de l’eau et climat.

Elles ont également reçu des formations pour mener des actions de plaidoyer afin de protéger les sources d’eau. La création d’un Woman Advocacy Clubs de 25 membres doit ainsi permettre de porter les revendications des femmes auprès des autorités locales.

 

Restaurer le cycle de l’eau

Pour atténuer les impacts du changement climatique sur le territoire, 50 arbres fruitiers ont été plantés, dans un objectif d’apprentissage et de transfert de compétences.

Ces arbres, en plus de fournir de futures denrées alimentaires, vont permettre à la terre de mieux conserver l’eau grâce aux racines, ce qui sur le long terme contribue à diminuer les risques d’inondations. Les plantations d’arbres permettent ainsi de rendre l’eau à la terre et de rétablir le cycle de l’eau local.

Plantation d’arbres fruitiers

 

Redécouverte des savoirs traditionnels

Pendant les formations, les femmes de la communauté ont constaté des similitudes entre leurs pratiques traditionnelles et les préconisations scientifiques qui leur ont été dispensées. Elles ont ainsi évoqué des traditions locales liées à l’eau et à la déforestation : « Nommer les puits avec des noms de fantômes pour inciter à une bonne gestion de l’eau, par crainte des fantômes », « Dans la forêt, ne jamais ramasser à la fois des fruits et du bois de chauffage car sinon l’esprit de la forêt maudit la famille entière ».

Ces croyances, bien qu’elles reposent sur la peur des fantômes, ont le même objectif que le projet du KWDT :  préserver la biodiversité et le maintien des équilibres écosystémiques. Alors qu’elles ont été occultées par la colonisation et les injonctions à la modernité,  on constate aujourd’hui que les connaissances traditionnelles sur la biodiversité locale peuvent être mobilisées pour la préservation des écosystèmes.

 

Ce projet a été cofinancé par la Fondation Danielle Mitterrand et le Fond Vert R20 pour les femmes.

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