Depuis leur lancement en mars 2012, les Rencontres « Eau Planète et Peuples » ont rassemblé des centaines d’organisations de la société civile du monde entier pour partager leurs expériences et leurs visions de ce bien essentiel qu’est l’eau. Une même idée nous rassemble: l‘eau est un bien commun qui doit être accessible à tous car il est l’élément constitutif de la vie.

A l’occasion de la COP21, en décembre 2015 à Paris, la troisième édition des rencontres « Eau, Planète et Peuples » a été organisée, avec deux objectifs : expliciter les liens entre Eau et Climat et mettre en valeur les alternatives respectueuses du cycle de l’eau et du climat, avec un focus particulier sur les solutions portées par les peuples autochtones et les populations locales.

Trois constats ont validé l’opportunité de ces rencontres:

  1. Le premier, c’est que le changement climatique est intrinsèquement lié à l’eau, tant par ses causes que par ses conséquences. Les conséquences, nous les connaissons tous-tes : sécheresses, désertifications, inondations et autres catastrophes climatiques sont toutes liées au surplus ou à l’absence d’eau. Concernant les causes, en revanche, notre gestion des cycles de l’eau est rarement considérée comme un des facteurs du changement climatique et pourtant : en déforestant, en imperméabilisant les sols, en surexploitant les nappes phréatiques pour des usages industriels ou énergétiques ou en pratiquant l’agriculture intensive, nous asséchons et appauvrissons nos sols et nous perturbons le cycle local de l’eau, sans compter les impacts sur les populations, en particulier autochtones. Il est ainsi clairement reconnu par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) que le grand cycle de l’eau est affecté par les activités humaines depuis les années 1960 et qu’il est un facteur prépondérant du changement climatique.
  2. Le deuxième constat est que partout dans le monde, des alternatives urbaines, agricoles, énergétiques et industrielles respectueuses du cycle de l’eau et du climat existent et se multiplient. Malgré son rôle clé dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, l’eau reste pourtant une des grandes absentes des négociations sur le climat.
  3. Troisième constat : Les communautés locales, premières affectées par le changement climatique car plus vulnérables, ont pourtant un mode de vie et des savoirs extrêmement respectueux de la nature, représentant des potentielles solutions de lutte ou d’atténuation du changement climatique. Les peuples autochtones en particulier entretiennent un rapport harmonieux à la biosphère et à la gestion des ressources et sont détenteurs de connaissances et savoirs ancestraux qui nourrissent des réflexions sur des solutions alternatives et durables pour la lutte contre le changement climatique.

C’est pourquoi, nous avons mis l’accent sur cette relation entre eau, changement climatique et peuples à travers plusieurs événements tout au long de la COP 21 qui visaient à :

– Faire entendre la voix des populations dans la recherche de solutions liées à l’eau et au changement climatique.
– Mettre en lumière les modes de vie traditionnels basés sur une réelle harmonie avec la nature comme solution au changement climatique
– Partager des solutions alternatives au changement climatique et ses impacts sur l’eau et des techniques d’adaptation issus des savoirs traditionnels des communautés locales et des peuples autochtones.

L’Accord de Paris, s’il a le mérite d’exister, fixe des objectifs sans pour autant donner les clés d’action concrètes pour lutter contre ce changement climatique. Les ateliers, conférences, formations et projections organisés dans le cadre des rencontres Eau Planète et Peuples avaient tous pour ambition de montrer, avec l’angle de l’eau, que nous pouvons agir chacun-e localement et que nous pouvons ainsi réellement contribuer à maintenir l’équilibre climatique.

Cette capitalisation est donc l’outil idéal pour mieux comprendre l’ensemble des enjeux de la relation eau et climat, pour découvrir des alternatives proposées par nos rencontres et pour vous engager. Ces actions possibles sont dans nos mains, nous devons nous en saisir pour participer à la construction d’un monde plus respectueux du climat et de l’Humanité.