Les zones urbanisées sont (et seront) sévèrement touchées par le changement climatique. En cause, l’imperméabilisation des sols, l’omniprésence du bâti minéral et la rareté du végétal et de l’eau en ville, qui sont autant de facteurs majeurs du dérèglement des cycles locaux de l’eau. Ce dérèglement a des conséquences importantes tant sur la hausse des températures en favorisant l’apparition d’îlots de chaleur urbains (ICU) que sur l’aggravation des précipitations.

Il est nécessaire par ailleurs de souligner l’inefficacité grandissante de la gestion « traditionnelle » des eaux de ruissellement, qui préconise la prise en charge rapide des eaux pluviales dans les réseaux unitaires et leur traitement au même titre que les eaux usées. Avec l’augmentation de la fréquence des épisodes de pluie violents, on constate des saturations rapides des réseaux d’assainissement, des inondations, des rejets polluants de plus en plus nombreux dans les milieux naturels… et ces catastrophes telles
les crues de 2016 seront à l’avenir beaucoup plus fréquentes.

La restauration du bon fonctionnement des cycles de l’eau locaux est donc une nécessité pour réguler la hausse des températures, les épisodes de précipitation, et ainsi pallier les risques liés au changement climatique. Pour cela, les législations européennes et françaises encouragent depuis maintenant plusieurs années la mise en place de techniques dites « alternatives » de gestion des eaux pluviales. En effet, les eaux pluviales, par leur pouvoir rafraîchissant et leur contribution essentielle au bon fonctionnement des cycles de l’eau, constituent un levier précieux de l’adaptation des villes aux effets du changement climatique, mais aussi de l’atténuation des températures.

Le développement en ville de techniques alternatives de gestion des eaux pluviales est primordial pour lutter contre les saturations et les inondations mais aussi pour permettre le rétablissement des cycles de l’eau et des microclimats locaux, de nous préparer aux effets du changement climatique et d’améliorer le cadre de vie urbain. De plus, ces alternatives sont souvent moins coûteuses que les techniques traditionnelles, et permettent même d’éviter des investissements très importants dans des infrastructures qui se révèlent rapidement obsolètes.

La Fondation Danielle Mitterrand – France Libertés, forte d’une solide expérience sur la thématique de l’eau, est engagée dans la reconnaissance de la réciprocité des liens entre gestion de la ressource en eau et changement climatique. Une gestion déraisonnée des ressources en eau entraîne une dégradation des cycles locaux  de l’eau, et par extension du grand cycle de l’eau. Pour contrer cela, les eaux pluviales doivent être vues comme une ressource utile et non comme un fardeau.

Pour assurer l’équilibre du cycle de l’eau et des microclimats, il faut ainsi maintenir la stabilité des précipitations et des processus d’infiltration et d’évaporation, notamment en milieu urbain et périurbain. Pour cela, le retour de l’eau et du végétal en ville est essentiel et permet de surcroît d’aménager une ville de demain plus agréable et favorable au bien-être de ses habitants.

Le retour de l’eau et la végétalisation en ville peuvent devenir le cœur de l’action des collectivités locales dans la lutte contre le changement climatique : la gestion alternative des eaux pluviales répond aux besoins croissants des citadins en matière de sécurité, mais aussi de qualité de vie.

Téléchargez la brochure « Gestion des eaux pluviales en milieu urbain » – 2016 [PDF]