3 questions à Alice Richomme, ancienne volontaire de Service civique sur l’extractivisme à France Libertés, auteur du web-documentaire « Exploitation intensive des ressources naturelles : refaire des choix de société » réalisé avec Une seule Planète.

Pourquoi avoir réalisé un web-documentaire sur l’extractivisme?

L’objectif était de fournir un support accessible sur une question complexe, un support qui pouvait être facilement approprié par tous ceux qui souhaitaient faire parler de ce sujet. Plus interactif et synthétique que le document que France Libertés avait déjà produit sur la thématique de l’extraction intensive de ressources naturelles, il a été pensé comme un complément.

Le format permet au lecteur d’aller directement à la partie du web-documentaire qui l’intéresse, ou bien de regarder toutes les ressources intégrées et d’y piocher des idées d’action, d’alternatives ou de lectures pour approfondir le sujet par soi-même.

Alice Richomme - webdocumentaire

Peux-tu nous donner des exemples de projets extractivistes en France ?

Oui, la France connait un regain de projets extractifs, autour de minerais comme le tungstène, le cuivre, le zinc, l’étain, l’antimoine, le tantale ou le lithium. Certains sont qualifiés de « stratégiques » en vue de leur usage pour la fabrication d’un grand nombre de produits électroniques.

Il y a des régions particulièrement concernées, comme la Bretagne, les alentours de Nantes, le Massif central, la Creuse, le Puy de Dôme et l’Ariège où des permis exclusifs de recherche ont été concédés à de grandes multinationales minières, comme Variscan (immatriculée en Australie) et Cominor la Mancha (immatriculée au Canada). Une cartographie collaborative les recense. Mais il ne faut pas oublier les régions outre-mers qui sont les plus concernées par cet extractivisme : la Nouvelle Calédonie est l’un des plus importants exportateurs de nickel au monde et la Guyane, dont le sous-sol amazonien est riche en or, fait l’objet d’un projet gigantesque de mine à ciel ouvert.

L’exploitation effrénée de la nature semble indépassable à l’heure actuelle. Des alternatives existent-elles à ce modèle de société?

Il y a toujours des alternatives, mais elles ne sont possibles qu’à partir du moment où les sociétés et les individus changent leur rapport à la consommation et à l’environnement. L’extractivisme est très difficile à remettre en question tellement il est ancré dans le quotidien. La consommation croissante d’objets électroniques et connectés, comme les smartphones, les ordinateurs, les tablettes, mais aussi d’innovations présentées comme « propres » comme les batteries au lithium des voitures électriques nécessite d’extraire toujours plus de métaux et minerais pour les fabriquer. Tant que les consommateurs ne se poseront pas la question de l’impact de ces objets (y compris quand ils s’accumulent comme déchets) et du système de production qui les met en circulation, le changement restera marginal.

Nous avons recensés un grand nombre de pistes possibles dans le web-documentaire pour donner envie d’agir : réorienter les investissements, adopter une législation ferme sur la durée de vie des objets, etc.

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