Quatre candidats sont encore en lice pour devenir le ou la lauréat.e du prix Danielle Mitterrand 2019 !

Le prix Danielle Mitterrand récompense une personnalité de la société civile qui contribue à construire un monde plus juste. Le jury, composé de Gilbert Mitterrand, Christiane Taubira, Philippe Starck, Agnès B, Hindou Oumarou Ibrahim et Jacqueline Madrelle, a sélectionné quatre personnalités parmi les nombreuses candidatures reçues. Le nom du lauréat sera dévoilé à l’automne.

Autumn Peltier, la mobilisation de la jeunesse pour la planète

Autumn Peltier est une jeune militante autochtone du Canada, engagée depuis son plus jeune âge dans la défense de l’eau et des droits des peuples autochtones.

A l’âge de 13 ans, elle donne une intervention émouvante et puissante au nom de la société civile devant l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, dans le cadre du lancement de la Décennie internationale d’action sur l’eau pour le développement durable en 2018. Elle profite de son discours pour demander aux membres de l’Assemblée générale des Nations Unies de donner à l’eau les mêmes droits et la même protection qu’aux êtres humains.

Maintenant âgée de 14 ans, Autumn Peltier vient d’être nommée commissaire en chef de l’eau par la nation Anishinaabe. Elle se retrouve ainsi à la direction d’un groupe aux revendications politiques qui représente quarante Premières Nations de l’Ontario (Canada).

Autumn Peltier symbolise la lutte de la jeunesse au niveau international pour la protection de la Terre-Mère, de l’eau et du climat.

Autumn Peltier
Photo: CSIA-Nitassinan

Rodrigo Mundaca, la lutte contre la marchandisation de l’eau

Originaire de la province de Petorca, dans la région de Valparaiso au Chili, Rodrigo Mundaca a cofondé le Mouvement de défense pour l’accès à l’eau, la protection de la terre et de l’environnement, MODATIMA. Il a souligné la nécessité de mettre fin à la privatisation et à la marchandisation des eaux et de les consacrer en tant que droit de l’homme et bien commun.

Depuis 2015, MODATIMA est déployé dans tout le pays et constitue l’organisation la plus importante dans le débat public autour de la nécessité de récupérer de l’eau pour les communautés et les territoires.

Rodrigo Mundaca
Photo: Modatima

Ilham Amare, l’action des femmes pour une alternative démocratique

Ilham Amare est coprésidente de la première « maison des femmes » (malê jin) du nord-est de la Syrie, la région démocratique, autonome et dirigée par des Kurdes, plus communément appelée Rojava.

Elle a commencé à travailler en secret dans sa ville natale de Qamishlo, sous le régime syrien oppressif. Au fur et à mesure que la région gagnait son autonomie et que Daesh était repoussée, Ilham a parcouru la région et s’est efforcée d’installer des maisons de femmes dans chaque ville, de Kobane à Raqqa en passant par Deir Ezzor, récemment libéré, et les camps de réfugiés où se trouvent d’anciens membres de Daesh.
Les mères et grand-mères locales servent de médiatrices, utilisant le dialogue et leur rôle de personnalités communautaires de confiance pour résoudre les problèmes des femmes, des maris violents aux mariages forcés, des problèmes de santé stigmatisés aux crises de pauvreté.

Les maisons sont des espaces autonomes pour les femmes, leur offrant un espace sûr où elles peuvent fuir et demander de l’aide, et jouent un rôle vital dans les efforts continus pour vaincre l’idéologie et la mentalité de Daesh et construire une alternative démocratique, dirigée par les femmes.

Ilham Amare
Photo: Rojava Information Center

Subama Mapou, la défense des savoirs traditionnels autochtones

Subama Mapou est une jeune Kanak de Nouvelle-Calédonie. Auprès de son arrière-grand-père Ouma Mapou, âgé de 109 ans, elle s’est initiée aux pratiques traditionnelles médicinales kanakes. Par la suite, elle s’est engagée pour que les savoirs traditionnels, notamment les pratiques médicinales, alimentaires et cosmétiques soient reconnus, protégés, transmis et valorisés, dans le respect des personnes détentrices de ces savoirs faire.

Actuellement, Subama Mapou est en 3ème année de thèse doctorale et elle souhaite valoriser les savoirs traditionnels en cosmétique et en compléments alimentaires en créant une entreprise, Gardenia Cosmétique, en lien étroit avec les tribus. Elle a également co-fondée l’Institut Kanak des Plantes, de l’Artisanat et des Langues Autochtones (IKAPALA) qui regroupe 40 associations de femmes, de coutumiers et de jeunes issus des tribus des 8 aires coutumières.

Subama Mapou
Photo: IKAPALA

Rendez-vous à l’automne pour découvrir le nom du lauréat !

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