3 ans après la rupture du barrage de déchets miniers de Mariana au Brésil, un nouveau barrage de la compagnie minière Vale s’est rompu, tuant plus de 350 personnes, un nombre inestimable d’êtres vivants, et polluant le fleuve Paraopeba sur des dizaines de Kilomètres. Comme en 2015, la multinationale connaissait les risques importants de rupture ; à nouveau, elle n’a rien fait pour éviter ce drame. Il s’agit donc d’un crime. Les responsables doivent être jugés, les populations soutenues et le vivant, ce qu’il en reste, protégé.

Symbole d’un système qui exploite et tue natures et humains au profit d’une minorité avide d’argent et de pouvoir, l’extractivisme pille à outrance les richesses du sol, et développe les inégalités.

Pour le combattre, prenons le mal à sa racine. L’extractivisme est la conséquence d’un système, qu’il soit capitaliste, néo-libéral ou planificateur, qui cultive une idée du bonheur uniformisé basé sur la consommation, l’accumulation d’objets et d’argent, le statut social et « progrès », qui serait symbolisé par la croissance économique. Ainsi, les puissants, gouvernements et multinationales, à grand coup de publicité, ont développé un imaginaire fort : celui du « progrès », source du bonheur, contre les partisans d’un monde où la croissance est celle des esprits, des solidarités et des diversités.

C’est pourquoi contribuer à un autre monde basé sur des valeurs de convivialité, de solidarité, de diversité et de sobriété est en soi un acte fort de résistance.

Ainsi définissons un nouveau progrès, construisons d’autres récits et réalités, celui où les cours d’eau sont libres de toute pollution,  où la biodiversité croît, où l’on prend soin du vivant, où la solidarité s’exprime au quotidien, où plus personne ne dort dehors, où l’exilé est accueilli dignement, où l’on a vraiment le temps, le temps des autres, de soi, où les libertés individuelles et collectives se développent.

Au développement financier, opposons le développement de la diversité ; aux marteaux-piqueurs, les chants des oiseaux ; aux salaires mirobolants, le partage des richesses ; à l’uniformisation, la diversité ; à la vitesse, la lenteur ; à la misère, le partage ; au repli identitaire, l’empathie et la convivialité.